Quand la Musique Adoucit les Maux

Quand la Musique Adoucit les MauxA travers l’émotion de plaisir qu’elle procure, la musique permet de diminuer la sensation de douleur chez certains patients. Le docteur Gérard Mick, neurologue à l’hôpital de Voiron en Isère et neurobiologiste, revient sur les vertus de la musicothérapie.

La musique peut diminuer de 30 à 60% la prise de médicaments.

Comment vous êtes-vous intéressé aux liens entre musique et cerveau ?

Je suis moi-même mélomane et musicien. La musique, porteuse d’émotions incroyablement fortes, occupe une place fondamentale dans la vie humaine. Elle est capable de rassembler les individus , de leur procurer des frissons en rapport avec le plaisir induit par l’écoute, peut les mener vers un ressenti commun, voire les unir pour un objectif commun : la musique exerce ainsi une force de cohésion sociale, et ce n’est pas pour rien que tous les dictateurs du monde ont toujours utilisé la musique pour entraîner les foules!

La musique a-t-elle une réelle influence sur la douleur ?

Il a été clairement démontré que la musique pouvait aider certains patients à lutter contre leur douleur. Chez certaines personnes souffrant de douleurs chroniques, des écoutes régulières peuvent offrir de véritables fenêtres d’accalmie, éventuellement vectrices de changements comportementaux, comme de se mobiliser quand on a mal au dos. Si, dans la réalité, un médicament soulage assez bien, souvent à court terme, la musique a l’avantage d’agir sans aucun effet secondaire : c’est écologique et vient en plus du médicament.

Distraire le patient pour réduire sa perception douloureuse
Par quel mécanisme cette influence s’exerce-t-elle ?

La douleur est à la fois une sensation corporelle aversive et une sensation de désagrément, deux dimensions sensorielles que le cerveau est capable de différencier. Il est possible de distraire un individu et de refocaliser son attention pour réduire sa perception conscience de la douleur, bien plus en lui faisant écouter de la musique plaisante qu’en lui faisant penser à autre chose. Un autre effet est d’ordre émotionnel : induire une émotion positive, par exemple en faisant écouter une musique qui donne des frissons, permet de contrebalancer le ressenti négatif liée à une douleur.

Comment passe-t-on de la théorie à la pratique ?

Dans un service d’urgence, par exemple, une personne victime d’un traumatisme pourra voir son stress et sa douleur réduits si elle est placée dans une ambiance musicale apaisante. C’est évident, mais cela nécessite un minimum d’organisation, car tous les patients ne sont pas sensibles aux mêmes musiques. Dans certains hôpitaux, comme au CHU de Montpellier, on fait déjà bénéficier aux patients d’une écoute musicale « à la carte » : le style qu’ils aiment, quand ils le souhaitent, dans leur chambre. Cette technique dite de musicothérapie réceptive est également utilisée en services de réanimation ou en soins palliatifs.

30 à 60% de médicaments en moins grâce à la musique
La musique est-elle une alternative sérieuse à la prise de médicaments ?

En fonction de l’individu, on sait aujourd’hui que l’on peut réduire de 30 à 60% la consommation d’antalgiques en écoutant de la musique plaisante. De nombreux travaux scientifiques ont montré que la moitié des patients écoutant de la musique ressentaient une réduction significative de la douleur, avec un plaisir associé à l’écoute : autant de patients qui vont donc consommer moins de médicaments.

Pourquoi avez-vous le sentiment de prêcher encore dans le désert ?

Parce que l’argent étant toujours le nerf de la guerre, mettre en place de la musicothérapie a un coût, même si il est largement moindre que certaines techniques de soins aujourd’hui utilisées au quotidien à l’hôpital : écouter de la musique reste pour beaucoup un loisir et non un outil thérapeutique. Imaginez le bienfait d’un véritable violoncelle dans une chambre d’hôpital, en soins palliatifs, comme cela se fait dans un service bien connu à Paris, expérience dont le patient se souviendra comme d’un cadeau ultime donné par la vie. Mais qui rémunérera le musicien professionnel ? L’autre écueil tient à la subjectivité du processus : les effets différent en fonction de chaque individu, et cela ne convient pas à notre médecine anglo-saxonne, très formatée. En Asie, ce sont pourtant des principes de traitements reconnus de très longue date.

A savoir :
La Fondation APICIL contre la douleur, fondée en 2004 et reconnue d’utilité publique, accompagne et finance des projets d’intérêt général dans le domaine de la lutte contre la douleur : campagnes de sensibilisation, développement de techniques alternatives, projets de recherche, création de centres anti-douleur… En 12 ans, la Fondation a financé plus de 500 projets pour plus de 7,5 millions d’euros.

Source : www.ra-sante.com

Another Music & Memory℠ Milestone: 3K certified organizations and counting

Another Music & Memory℠ Milestone: 3K certified organizations and countingIt’s official. We’ve now surpassed 3,000 MUSIC & MEMORY℠ Certified Care Organizations in the U.S., Canada, Australia and Europe. In just the past eight months, Music & Memory has added one thousand more care settings, as personalized music continues to demonstrate a host of therapeutic benefits:

  • Participants are more upbeat, often regaining lost ability to communicate verbally;
  • Visits with family and friends improve;
  • Better moods lead to calmer social environments and closer relationships with care professionals;
  • Staff enjoy their jobs more;
  • Growing evidence supports field observations that personalized music can be a viable alternative to antipsychotic medications.
  • Benefits of Personalized Music Not Limited to Nursing Homes

“This past year has been an exciting time of growth and expansion,” says Dan Cohen, Executive Director. “We’re hearing stories of how personalized music is helping in so many new and creative ways, from improving PT and OT visits to easing pain.”

Since our founding in 2010, Music & Memory has grown exponentially. Thanks in part to a Sundance Audience Award winning documentary about Music & Memory’s work, personalized music became the standard of care in a thousand facilities between 2010 and 2014. Only a year later, Music & Memory was implemented in another thousand facilities, as state health and aging departments, led by Wisconsin, began to adopt the program. By July of 2016, the program surpassed three thousand facilities. This encouraging trend is expected to continue.

Growing Evidence That Personalized Music Helps to Reduce Use of Antipsychotics

A recent study by Brown University researchers documented reduced behavioral and psychological symptoms of dementia in nursing home residents with Alzheimer’s Disease and related dementias (ADRD) who participated in a Music & Memory program. In a retrospective data analysis of long-stay nursing home (NH) residents with ADRD, the researchers concluded: “From 2012 to 2013, residents in M&M NHs demonstrated greater 180-day improvement in behavioral symptom frequency and antipsychotic medication use than pair-matched controls.”

Worldwide Expansion Includes Hospitals in Australia

As interest and news of success stories continue to grow, Music & Memory’s personalized music program is spreading to a wide range of care settings, including hospices, adult day health centers, home health care and hospitals. In Australia, the personalized music program was introduced last year to Australian aged care facilities by the Arts Health Institute and has now been expanded to acute healthcare services and hospital dementia units.

“We are grateful to be growing, even as we have a long way to go,” says Cohen. “With 60,000 health care organizations in the U.S., we continue to work hard to spread the benefits of personalized music to all who might benefit, whether living in a care community or at home.”

Founded in 2010, MUSIC & MEMORY℠ is a non-profit organization that brings personalized music into the lives of people with cognitive or physical conditions through digital music technology, vastly improving quality of life.

Source : www.musicandmemory.org

Jouer du Piano – Neurophysiologie

Jouer du Piano - NeurophysiologiePhysiologie des mouvements du pianiste

Jouer d’un instrument avec un clavier est avant tout un phénomène moteur.
Il convient donc au début de cette étude physiologique de rappeler les bases neurologiques des mouvements de préhension. Il ne s’agit pas, ici, de mouvements ayant pour but la « prise » d’un objet, mais de la recherche de « contacts » avec les différentes touches du clavier.
En second lieu, observer un pianiste pendant son interprétation d’une partition ne manque pas de susciter un questionnement multiple.

Neurophysiologie du mouvement pianistique
La décision de jouer fait intervenir le psychisme de l’individu. Le pianiste a l’intention de jouer une partition, c’est le but auquel il va consacrer son temps dans l’immédiat.
L’action de jouer (qui est l’acte moteur) est précédée par une représentation imaginative, centrale) qui va comporter des mouvements organisés et coordonnés des membres supérieurs. Cette représentation est anticipatrice de la mobilisation des doigt.
Le rapprochement des mains et du clavier (correspond au temps de l’approche dans la physiologie de la préhension) va mettre les différents segments des membres dans une posture qui intéresse l’ensemble du corps et qui est nécessaire pour mettre les doigts dans la situation adéquate de départ. Ces mouvements d’approche interviennent à la fois de façon inconsciente grâce à la mise en jeu de réflexes sous-corticaux et médullaires, et aussi, de façon consciente grâce à la vision.
Le contact étant établi entre les doigts et les touches du clavier, la commande motrice va démarrer et c’est alors le cortex cérébral qui prend la direction des événements.

Le cortex moteur primaire obéit, en fait aux influx issus des neurones des aires prémotrices qui sont situées en avant de l’aire motrice principale.
Elles sont au nombre de trois :
une aire prémotrice dorsale PMd
une aire prémotrice ventrale PMv
une aire dorsomédiane ou aire motrice supplémentaire AMS ou SMA
C’est vers ces aires que convergent pratiquement tous les axones provenant de l’ensemble des noyaux associatifs du cerveau et des noyaux gris profonds.
Principalement ces interneurones proviennent du cortex pariétal, dont la partie antérieure reçoit les fibres de la sensibilité somesthésique (voies lemniscales) et aussi les voies de la proprioception consciente ou inconsciente. Elles se projettent sur le thalamus puis sur le lobe frontal.
Ces deux voies sont aussi en connexion avec le cortex visuel et gagnent ensuite les aires prémotrices, qui sont le passage obligé de tous les influx réglant la succession des phénomènes moteurs.
Ceux-ci ont la particularité d’être bien organisés et ce fait est expliqué par la mise en jeu de la mémoire.

La théorie des schémas
C’est la Théorie des schémas qui est généralement retenue : plusieurs « schémas moteurs », déjà vécus et enregistrés peuvent s’assembler pour atteindre le But. Il s’ensuit une coordination. Ce programme peut s’inclure dans un autre plus large et ainsi de suite (phénomène de la récursivité) (Arbib).
Grâce à l’IRMf on a montré que l’action débute dans le cortex préfrontal, gagne le SMA, puis le cortex moteur qui va entraîner le passage à l’acte.
Il est évident qu’alors, va débuter une adaptation, une modulation des gestes. Cela caractérise le jeu du pianiste.
Cette adaptation des mouvements ne semble pas liée à l’existence nouvelle d’afférences proprioceptives, parce que la vitesse du signal nerveux de retour serait trop lente.
On évoque l’existence de « sensations d’innervation » (Lashley) pouvant donner la conscience des mouvements, alors modifiables plus rapidement, mais cette notion n’est pas prouvée.
Par TMS (stimulation magnétique transcranienne) on a constaté que le pianiste, par simple jeu de sa volonté peut modifier l’excitabilité d’une zone limitée de son cortex moteur et donc modifier ses gestes à la demande.
M. Jeannerod soutient le concept d’un « modèle interne » qui va autoriser l’adaptation nécessaire. – Il l’appelle une « Copie d’efférence ». Selon les principes de la cybernétique cette copie offrirait une possibilité de régulation par deux moyens, soit le mode de « feed-back » (mais on a vu la vitesse insuffisante des influx de retour), soit de « feed-forward », qui est un système proactif de contrôle par comparaison immédiate et adaptation très rapide.
Pour créer et diffuser cette copie d’efférence, c’est la zone SMA qui serait importante.
Elle serait associée en complément aux rôles connus de comparateur du cervelet et du cortex pariétal postérieur.

Questions soulevées en observant un pianiste en train de jouer1. Comment fait le pianiste pour utiliser les deux mains en même temps et d’une façon asymétrique, chacune apportant sa contribution à la production de sons parfaitement articulés entre eux, sans interférence et selon un rythme propre ?
Ce qui étonne, ce n’est pas le caractère bimanuel de l’emploi de ses doigts, tout à fait banal chez l’être humain dans bien des situations de la vie courante, mais c’est cette association dans le BUT de créer des sons a priori bien définis et coordonnés. La partition est elle-même écrite avec deux « clefs » distinctes chacune étant dédiée à une main (la clef de sol pour la main gauche et la clef de fa pour la main droite).
2. Jouer sur un clavier correspond à un acte qui fait partie d’un système sensitivo-moteur très structuré.
Or, l’organisation nerveuse est toujours duale : nous avons donc à l’origine de cet acte deux hémisphères cérébraux. Et nous pouvons facilement déduire qu’il existe « en double » un faisceau cortico-spinal (final common way) qui émane de chacun des côtés et qui (après décussation au niveau du bulbe) relie une aire corticale motrice primaire et la corne antérieure de la moelle d’où part le nerf qui va activer la musculature de la main.
Ainsi le cerveau droit fait fonctionner la moitié gauche du corps alors que le cerveau gauche anime les muscles du côté droit. Cela est intangible, quelles que soient les modulations du geste. En effet celles-ci arrivent préalablement au niveau des neurones du centre moteur primaire du cortex, après avoir été générées par l’action des nombreux interneurones qui les relient aux autres noyaux cellulaires corticaux ou sous-corticaux du même côté. C’est avant d’atteindre la moëlle que le geste est anticipé et que les actions motrices planifiées dans un but donné vont démarrer.
3. Comment va s’opérer une répartition adéquate des commandes motrices entre les deux hémisphères ?
Dès lors se pose la troisième question : comment à partir d’une musique (que l’on peut appeler holistique) on ne peut plus définie, va s’opérer une répartition adéquate des commandes motrices entre les deux hémisphères ?
L’artiste peut ou bien lire globalement la partition dans le même temps de son interprétation ou bien entendre le morceau totalement de façon imaginative grâce à la mémoire qu’il a acquise auparavant.
La réponse est à chercher dans la relation établie par les commissures interhémisphériques, mais alors comment peut s’articuler un système neuro-moteur d’un côté avec le système construit à l’identique et contro-latéral ?
Nous reviendrons sur ce problème de latéralité dans l’utilisation des deux mains.
S’agit-il d’un hémisphère dominant dit « préféré » qui s’impose dans la totalité de l’interprétation ?
Sinon comment laisse-t-il l’autre hémisphère agir concurremment pour lui-même ?
4. Si nous devons admettre que la musique créée par une main est différente de celle jouée par l’autre main, comment cela s’articule t-il, dans le temps et dans l’espace, le résultat devant correspondre à la mélodie que l’on est censé jouer ?
Dans cette interpénétration des commandes, il est déjà possible de dire qu’il faut obéir à un certain nombre de contraintes : Avec J. Fagard on peut distinguer :
  • des contraintes de synchronie qui sont plutôt des contraintes d’asynchronie puisqu’elles concernent le rythme des deux mains qui doit être différent car le pianiste est capable de jouer des polyrythmes. (Cela est à distinguer de la syncinésie qui se voit chez l’enfant et dans quelques cas pathologiques où les deux mains réalisent des gestes identiques dits « en miroir » sans possibilité de s’en empêcher) ;
  • des contraintes de temps évidente ;
  • et des contraintes de latéralité qu’il faut parfois combattre pour observer les précédentes.
On voit déjà que cette liste de questions, non exhaustive, montre que les problèmes posés sont multiples (même si l’on se limite aux seules données motrices).
5. Sur le plan dynamique la complexité va encore augmenter, car il se surajoute des données sensorielles et proprioceptives liées aux mouvements des doigts.
En effet pour que le musicien puisse corriger à tout moment ses gestes en se rapprochant le plus possible des résultats escomptés sur le plan sonore, il dispose de la mise en jeu de l’audition et de la vision. C’est ainsi qu’il peut lui-même apprécier sa performance de façon permanente et dynamique. La différence entre le feed-back et le feed-forward a été soulevée.
Les influx afférents recueillis sont souvent redondants et partagés entre les deux hémisphères (à cause de la latéralisation des voies de la sensibilité).
Un choix va s’avérer nécessaire qu’il soit conscient ou inconscient.
C’est par un entraînement intensif (ou apprentisage) qu’auront pu s’automatiser les séquences et c’est ce qui permettra ce choix sans intervention de la conscience grâce à la facilitation par passage répété d’influx dans les mêmes neurones.

Comment le pianiste peut utiliser ses deux mains

Il est possible de répondre aux questions posées, en s’appuyant sur les très nombreux travaux, cliniques ou expérimentaux, publiés sur le sujet dans les dernières années, et aussi grâce aux progrès récents de l’imagerie médicale (IRM fonctionnelle en particulier). A ce propos il convient de dire que l’IRMf a seulement l’avantage de préciser quelles sont les zones du cortex mises en jeu mais ne peut donner d’indication ni sur la hiérarchie de celles-ci ni sur l’effet inhibiteur ou excitant des influx.

Première question : Peut-on comprendre comment le pianiste peut utiliser ses deux mains ?

Il faut insister sur le rôle physiologique des commissures interhémisphériques : principalement le rôle du corps calleux, les autres commissures (trigone ou fornix et commissure blanche antérieure) n’ont pas la même fonction.
Le corps calleux (CC)
C’est la commissure la plus importante anatomiquement et fonctionnellement.
Il s’étend transversalement entre les deux hémisphères et il est visible au fond des scissures interhémisphériques, dominant la cavité du troisième ventricule. Il présente, dans une section sagittale médiane, une forme aplatie, plus ou moins épaisse qui ressemble à un anneau ouvert en bas.

  • Il correspond aux trois-quarts à des fibres axonales cortico-corticales unissant des aires hémisphériques des deux côtés le plus souvent homotopiques (Cf Infra) (et il est important de se rappeler ce fait).
    On lui décrit, d’avant en arrière, un bec antérieur effilé en pointe ou rostre orienté vers l’arrière et le bas, puis une plicature ou genou, un corps ou isthme et enfin un bourrelet postérieur ou splenium.
    Grâce à l’IMR fonctionnelle dite de diffusion ou IRM-DTI [1], on a pu distinguer l’existence d’un certain nombre de faisceaux axonaux transversaux dans les portions décrites du corps calleux, lequel s’avère donc hétérogène.
    La « tractographie »[2] donne une image reconstruite et virtuelle de ces faisceaux. Quand elle est associée à l’IRM-DTI il est possible de les suivre de bout en bout, sans pour autant savoir exactement quels types d’influx nerveux ils transportent (excitateurs ou inhibiteurs) dans un sens ou dans l’autre : on l’a vu, ces fibres sont « homotopiques » allant d’une aire à une autre semblable de l’autre côté :
    Ainsi, d’avant en arrière, ce sont les fibres unissant les zones préfrontales qui passent par le rostre et le genou, en particulier celles correspondant aux aires prémotrices de chaque côté. En arrière ce sont les fibres reliant les cortex occipitaux qui passent par le splenium et enfin les fibres réunissant les lobes temporaux et pariétaux cheminent transversalement dans les deux tiers postérieurs du corps calleux.
  • le quart restant des fibres du corps calleux ont des connexions hétéro-topiques dont un fort pourcentage irait au cortex limbique de chaque côté. Ces fibres peuvent subir des croisements difficiles à mettre en évidence sur les clichés.
L’imagerie DTI permet, de surcroit, de constater le degré de maturation des fibres axonales qui constituent le corps calleux et en particulier leur degré de myélinisation. Cette dernière débute dès la naissance et se poursuit très tard jusqu’à environ vingt ans. Elle autoriserait une plus grande vitesse de transmission des informations.
D’après certains auteurs, l’augmentation du diamètre des axones (due à leur myélinisation) est correlée avec le nombre d’heures de pratique d’un musicien et serait donc fonction des heures dévolues à l’ apprentissage.
Le corps calleux d’un musicien est en règle plus développé que normalement (quand il s’agit d’un grand virtuose on évoque le chiffre de 20 % en plus).
Le corps calleux étant une voie de passage entre les deux hémisphères, il faut se reporter aux fonctions de chacun de ceux-ci pour savoir comment la transmission se fait et quelle est l’influence d’un côté sur l’autre.
Si, a priori on ne peut donc parler d’un rôle propre du corps calleux en tant qu’entité fonctionnelle, il est possible avec R. D. FIELD, à la lumière de travaux d’imagerie récents, ainsi que d’études cellulaires et moléculaires, de constater qu’il existe une sorte de plasticité de la matière blanche (dont fait partie le corps calleux). Cette plasticité pourrait jouer un rôle dans l’apprentissage et modifierait la qualité du transfert de l’information en raison de l’augmentation en nombre des oligodendrocytes qui entourent les axones et qui produisent la myéline.
Pour conclure cette étude du corps calleux, il faut dire que statistiquement il n’y a pas de différence évidente liée au sexe de « l’individu », mais que sa taille est variable selon la latéralité : il est plus développé chez les gauchers et plus petit chez les droitiers (qui représentent les 2/3 des êtres humains).

Fonctionnement des deux hémisphères cérébraux chez un pianiste

Hémisphères cérébraux et pratique du piano MDA©
C’est un sujet de réflexion très ancien, mais pour lequel les méthodes récentes peuvent donner un nouvel éclairage.
Il faut donc étudier les questions sur la latéralité.

Le rôle des aires prémotrices et des aires motrices supplémentaires est apparu fondamental.
Il faut répéter que, provenant d’autres centres corticaux et sous-corticaux, pratiquement tous les nombreux neurones associatifs impliqués dans l’action motrice convergent vers ces aires prémotrices. Ce n’est qu’ensuite que les influx sont transmis aux axones efférents du cortex moteur primaire.
Il y a théoriquement pour deux hémisphères deux copies d’efférence qui existeraient avant la décussation bulbaire. Elles sont a priori différentes.
En pratique c’est au niveau de la commissure interhémisphérique que vont s’articuler les deux actions.
Où se passe le « couplage » de celles-ci ?
La connectivité interhémisphérique relie, on l’a souligné, des régions homotopiques.
On a constaté que les surfaces des zones prémotrices sont asymétriques : plus larges dans l’hémisphère gauche (où naît la copie d’efférence principale, quand il y a une « préférence » ou une latéralisation).
Des études statistiques ont montré la prédominance de l’utilisation de la main droite (côté généralement préféré dans les 2/3 des cas).
Il y a eu peu de travaux portant sur la latéralité « bi-manuelle » qui justement est celle du pianiste. Cette latéralité dite « de performance » est plus ou moins liée à la difficulté de la tâche à effectuer.
La supériorité de la main droite (innervée par l’hémisphère gauche) serait due à la complexité des gestes requis au niveau des doigts,
La capacité de traiter plus rapidement les informations de retour favoriserait aussi la main droite.
Mais rien n’est tout à fait net dans ces interprétations fonctionnelles.
Le couplage des deux mobilités, main gauche, main droite peut en théorie être lié par un des mécanismes suivants :

  • 1. D’un côté les muscles sont innervés par les fibres directes non croisées des fibres motrices, de l’autre côté, par les fibres du faisceau pyramidal croisé
  • 2. Autre possibilité : les fibres issues du cerveau gauche prédomineraient grâce à une inhibition dans le même temps des fibres contro-latérales du cerveau droit permettant toutefois une certaine utilisation des axones qui en émanent.
    Les deux mains auraient alors une innervation centrale différente et indépendante, chacune suivant une copie d’efférence.
  • 3. Au cours de l’action ce serait le côté hémisphérique gauche (généralement préféré) qui prendrait entièrement la commande au cours du jeu instrumental, de l’innervation motrice des deux mains. Ensuite il n’y aurait qu’une seule copie d’efférence (qui comprendrait l’ensemble des incitations motrices) et qui serait la seule suivie.
C’est la troisième hypothèse qui semble l’emporter pour les auteurs modernes.
Et cela rend plus compréhensible la mise en mémoire des gestes nécessaires, ce qui permettrait la prise en charge automatique et inconsciente de la mécanique digitale des deux mains dans une limite de temps bien précise.
Sans entrer dans le détail de la formation d’un pianiste et pour compléter cette étude neurophysiologique, il convient d’attirer l’attention sur certaines spécificités liées à l’utilisation de l’instrument.
La modulation du geste est absolument nécessaire pour faire varier le son. Or l’instrument lui-même laisse peu de possibilités d’adaptation au pianiste : il est possible de citer :
  • la liaison d’une note après l’autre pour éviter la sensation de rupture liée à la conception mécanique du piano.
    Cette liaison est perceptible dans le « legato »
  • la force mise en jeu
  • la durée et le rythme.
Le piano est un instrument complexe
Il comporte un clavier : à chaque note correspond une touche qui commande la mécanique proprement dite.
La touche est une sorte de levier qui possède à son extrémité un pilote lequel est soulevé quand on appuie sur la touche.
Le pilote va lancer le marteau sur la corde qui va vibrer pour créer le son en même temps qu’un étouffoir libère la corde. Quand la touche est lâchée, l’étouffoir attire le marteau vers l’arrière qui va reprendre sa place initiale. Ce dernier mouvement survient après un certain délai, assez court, pendant lequel le son s’éteint progressivement.
C’est en provoquant une nouvelle percussion pendant ce bref instant que la note suivante ne sera pas détachée de la première et que le son ne sera pas haché.
L’attaque du marteau est donc le début de l’action et elle apparaît après le temps d’approche qui a été décrit, pendant lequel la posture du corps du pianiste et celle de ses doigts sont prédérerminés.
La force d’attaque dépend de la contraction des muscles de l’avant-bras, plus que d’une chute de la main qui aura été élevée avant la note. La frappe n’ est pas le terme le plus adapté.
Beaucoup de professeurs demandent que les doigts ne soient pas trop éloignés du clavier, afin de répondre à une dépense d’énergie adaptée et « juste ».
On conçoit qu’il y a une variété infinie dans l’interprétation d’une œuvre, ce qui nous éloigne de notre but initial de préciser les bases neuro-physiologiques.

Musicothérapie Pendant la Grossesse

Musicothérapie Pendant la GrossesseChez les femmes enceintes, la musicothérapie est bénéfique pour le corps et l’esprit : elle stimule les sens et les émotions de la mère. Découvrez quels en sont les avantages.

La musicothérapie est une discipline thérapeutique, basée sur le son et la musique, visant à améliorer l’état des individus sur un plan physique, émotionnel, mental et social.

Pendant la grossesse, la musique est bénéfique pour la santé physique et émotionnelle de la future maman et du bébé qui va naître. La musique fait ressortir les émotions de la femme enceinte et constitue un moyen de « se nourrir émotionnellement ».

Dans un premier temps, il est important que les mamans se connaissent et travaillent avec leur corps qui évolue de jour en jour, et qu’elles se recentrent afin d’atteindre une stabilité émotionnelle. Alors que la communication mère-enfant se produit naturellement, elle s’en retrouve favorisée à travers la musique, en raison des stimuli sonores et musicaux. L’utilisation de ces langages d’expression aide à lutter contre le stress, l’anxiété et d’autres aspects psychoaffectifs.

Les avantages de la musicothérapie pendant la grossesse :

– Elle favorise le lien affectif avec le bébé.

– Elle aide à libérer les tensions physiques et émotionnelles de la mère, et à faire disparaître l’anxiété et la peur de l’accouchement.

– Les bébés qui ont été influencés par la musique in utero acceptent mieux l’allaitement maternel, ils mangent et dorment mieux et ils pleurent moins.

– La stimulation auditive prénatale permet d’améliorer la concentration, la coordination et la créativité de l’enfant.

– Pour la mère, la musique l’aide à se connecter avec le bébé et avec elle-même, et contribue à ce qu’elle profite pleinement de sa grossesse.

Source : www.bebesetmamans.com

Des Médecins Prescrivent la Musicotherapie

Des Médecins Prescrivent la MusicotherapieDes Médecins Prescrivent la Musicotherapie Pour les Dysfonctionnements du Cerveau les Difficultes d’Apprentissage et les Troubles du Sommeil

Musique et cerveau, des liens étroits…
La musique a prouvé à maintes reprises qu’elle est une composante importante de la culture humaine. De son origine ludique, à son nouvel usage médical, notamment pour la motivation personnelle, la concentration et l’humeur, la musique est un baume puissant pour l’âme humaine. Bien que la « musicothérapie » traditionnelle englobe un ensemble spécifique de pratiques, l’utilisation plus large de la musique comme outil thérapeutique est de plus en plus développé aujourd’hui par les médecins pour une grande variété de troubles.

1. La musique aide à contrôler la pression artérielle et les troubles cardiaques liés
Selon la Société de cardiologie de Grande-Bretagne, en écoutant de la musique avec un certain rythme, répétitif, pendant au moins dix secondes peut conduire à une diminution de la pression artérielle. Les scientifiques de l’université d’Oxford ont déclaré qu’ «écouter de la musique pendant 10 secondes avec un rythme répété a coïncidé avec une chute de la pression artérielle, ce qui réduit la fréquence cardiaque» et cela peut donc être utilisé pour surmonter l’hypertension.

2. Ecouter et jouer de la musique aide à traiter le stress et la dépression
En ce qui concerne le cerveau humain, la musique est l’un des meilleurs médicaments. Une étude menée à l’Université McGill au Canada a révélé que l’écoute de musique agréable encourage la production de substances chimiques bénéfiques pour le cerveau, en particulier l’hormone du bien être: la dopamine. En d’autres termes, la musique mène à grand sentiment de joie et de bonheur.

Mais ce ne sont pas les seuls avantages de la musique. La Fondation Namm a compilé une liste complète des avantages à jouer de la musique, comprenant la réduction du stress à la fois sur le plan émotionnel et au niveau moléculaire. En outre, des études ont montré que les adultes qui jouent de la musique produisent des niveaux plus élevés d’hormone de croissance humaine (HGH), hormone nécessaire pour réguler la composition du corps, les fluides corporels, les muscles et la croissance osseuse, le sucre et le métabolisme des graisses.

Pour en savoir plus sur la façon dont la musique peut profiter au cerveau, vous pouvez lire ceci (en anglais)

3. La thérapie par la musique accompagne le traitement de la maladie d’Alzheimer
La musicothérapie a fait des merveilles sur des patients souffrant de la maladie d’Alzheimer. Avec la maladie d’Alzheimer, les personnes perdent leur capacité à avoir des interactions et poursuivre des communications interactives. Selon des études réalisées en partenariat avec la Fondation d’Alzheimer aux Etats Unis, « Quand elle est utilisée de façon appropriée, la musique permet de gérer l’agitation induite par le stress, stimuler les interactions positives, faciliter la fonction cognitive, et coordonner les mouvements moteur. »

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4. Etudier la musique permet de stimuler la réussite scolaire dans les lycéens
L’exposition précoce à la musique augmente la « plasticité » du cerveau contribuant à stimuler la capacité du cerveau humain, de manière à ce qu’il réponde rapidement à la formation, l’évolution et la croissance. James S. Catterall, professeur à la prestigieuse UCLA (Ecole & Université américaine), a analysé le rendement scolaire de 6.500 étudiants à faibles revenus. Il a constaté qu’à la 10eme année du cursus scolaire, 41,4% des élèves qui avaient suivi des cours d’arts se sont retrouvés dans la première moitié des notes, contre 25% seulement pour ceux qui n’avaient pas suivi de courts d’arts. Les étudiants en arts étaient également meilleurs lecteurs et regardaient moins la télévision. « Cela montre que, dans les premières phases de la vie, les enfants qui étudient la musique obtiennent de meilleurs résultats à l’école.

5. Etudier la musique stimule le développement du cerveau chez les jeunes enfants
Une étude basée sur la recherche menée à l’Université de Liverpool dans le domaine des neurosciences a permit de mettre en lumière les effets bénéfiques de l’exposition précoce à la musique. Selon les résultats, même une demi-heure de formation musicale est suffisante pour augmenter le flux de sang dans l’hémisphère gauche du cerveau, ce qui entraîne un meilleur développement lors de la petite enfance.

Jouer un instrument de musique implique plusieurs composantes du système nerveux central (cerveau et moelle épinière) et périphérique (nerfs en dehors du cerveau et de la moelle épinière). Lorsqu’un musicien joue d’un instrument, le système moteur dans le cerveau contrôle tous les mouvements nécessaires pour produire des sons. Le son est traité par un circuit auditif, ce qui permet de régler la signalisation par les centres de contrôle du moteur. En outre, des informations sensorielles à partir des doigts, les mains et les bras sont envoyées au cerveau pour traitement. Si le musicien est en train de lire de la musique, de l’information visuelle est envoyée au cerveau pour le traitement et l’interprétation des commandes aux centres moteurs. Et bien sûr, le cerveau traite les réponses émotionnelles à la musique aussi bien!

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6. L’éducation musicale aide les enfants à améliorer leurs compétences en lecture
Le « Psychology Journal of Music » signale que « les enfants exposés à un programme de cours de musique comportant une formation en compétences rythmiques, tonales, et pratique complexe affichent des performances cognitives supérieures dans les compétences de lecture par rapport aux autres enfants. » Lors de la première étape de l’apprentissage et du développement, la musique suscite des réponses auditives, émotionnelles, cognitives et visuelles chez un enfant. La musique facilite également le développement d’un enfant kinesthésique. Selon les données de recherche, une chanson facilite l’apprentissage des langues beaucoup plus efficacement que la parole.

7. Ecouter de la musique aide à améliorer le sommeil
Selon le Centre pour les maladies cardiovasculaires en Chine, écouter de la musique avant et pendant le sommeil aide fortement les personnes qui souffrent de troubles du sommeil chroniques. Cette « relaxation assistée par la musique » peut être utilisée pour traiter les troubles du sommeil aigus et chroniques.

8. Jouer du Didgeridoo aide à traiter l’apnée du sommeil
Une étude publiée dans le British Medical Journal montre que les personnes souffrant d’apnée du sommeil peuvent trouver un soulagement en pratiquant l’instrument à vent australien connu sous le didgeridoo. Les patients qui ont joué le didgeridoo pendant une moyenne de 30 minutes par jour, 6 jours par semaine, ont observé une augmentation significative de leur qualité de sommeil et une diminution de la fatigue diurne après une période minimale de 3 mois de pratique. Le Dr Jordan Stern de BlueSleep a déclaré : «Le traitement de l’apnée du sommeil est assez difficile parce qu’il n’existe pas un traitement unique reconnu qui fonctionne parfaitement pour chaque patient. Le didgeridoo a été utilisé pour traiter l’apnée du sommeil et il s’est montré efficace en partie à cause du renforcement des muscles du pharynx, ce qui signifie les muscles de la gorge, et les muscles de la langue « .

Pour qui la musique peut elle être prescrite?

Source : www.therapeutesmagazine.com

Etude sur la Musicothérapie pour les TSA

TEMPS A est un essai international de l’efficacité de la musicothérapie pour les troubles du spectre autistique (TSA), hébergé par le Académie de musique Centre de recherches pour la thérapie Grieg (GAMUT / Uni Santé / Uni Research).

Les chiffres de prévalence des TSA sont en hausse, et les interventions précoces sont importantes pour réduire le risque des individus de se retirer de l’éducation, la vie et les activités sociales de travail. Des recherches antérieures ont suggéré que la musicothérapie peut améliorer les compétences de l’interaction sociale et de communication et est donc considéré comme prometteur en tant intervention précoce pour les enfants atteints de TSA.

TEMPS A est la première étude d’efficacité bien contrôlée et la plus grande étude randomisée sur le traitement non pharmacologique de l’autisme jusqu’ici. Il est financé par le Conseil norvégien de la recherche et s’appuie sur une collaboration de sept pays à travers le monde.

Il vise à inclure un total de 300 enfants atteints de TSA et mettra l’accent sur les principaux symptômes de l’autisme, d’examiner si la musicothérapie améliore les compétences sociales de communication chez les enfants atteints de TSA.

Source : www.wmaker.net

La Musique Pour Soigner la Mémoire

La Musique Pour Soigner la MémoireGrâce aux travaux des neurosciences, on sait aujourd’hui que l’exposition à la musique a des effets positifs sur la mémoire, notamment chez les personnes atteintes d’Alzheimer. Le point sur les dernières découvertes, à l’occasion de la 2e édition de la Semaine de la mémoire à Caen et à Bordeaux.
La musique aurait-elle ce pouvoir extraordinaire de s’enraciner profondément dans notre mémoire et de réactiver des capacités cognitives qu’on croyait perdues à jamais ? Dans les institutions qui accueillent les malades d’Alzheimer, il est fréquent de voir des patients entonner avec une vitalité inattendue La Java bleue et autres chansons apprises dans leur jeunesse, alors qu’ils ne se souviennent plus de leur prénom. Dans le même registre, les cliniciens ont depuis longtemps constaté que certaines personnes victimes d’accident vasculaire cérébral (AVC) atteintes d’aphasie (troubles de la parole) étaient capables de fredonner les paroles de leurs chansons favorites sans difficulté d’élocution ou encore que des patients atteints par la maladie de Parkinson parvenaient à se déplacer lorsqu’ils synchronisaient leur marche sur un rythme ou un tempo musical. Comment expliquer ce phénomène ?

Le son traité de manière automatique par le cerveau

« Lorsque la musique nous parvient, précise Emmanuel Bigand, professeur de psychologie cognitive à l’université de Bourgogne et directeur du Laboratoire d’études de l’apprentissage et du développement, notre cerveau l’interprète à une vitesse de 250 millièmes de seconde, au cours de laquelle se joue une véritable symphonie neuronale. » Concrètement, le son est d’abord traité par le système auditif, puis interviennent différentes aires cérébrales impliquées dans la mémoire, les émotions, la motricité (la musique nous donne envie de battre du pied), le langage… sans compter l’activation des circuits neuronaux de la récompense (production de la dopamine) lorsque nous écoutons une musique plaisante.

Musicothérapie et Alzheimer Le son est d’abord traité par le système auditif (en rouge sur cette IRM), puis par les aires cérébrales impliquées dans la mémoire, les émotions, la motricité (la musique nous donne envie de battre du pied), ou encore le langage.

La musique est traitée par notre cerveau de manière automatique, sur un mode involontaire, et stockée dans notre mémoire « implicite ». « Beaucoup de nos connaissances et de nos représentations musicales sont acquises par exposition naturelle, précise Emmanuel Bigand. Bien avant de naître, le bébé mémorise les œuvres musicales et est capable de les reconnaître un an après sa naissance, sans les avoir réentendues, ajoute-il. À l’autre extrémité de la vie, même lorsque les activités linguistiques disparaissent, notamment aux stades avancés de la maladie d’Alzheimer, la musique reste accessible. Non seulement, elle redonne le goût de communiquer, de sourire et de chanter, mais elle parvient à réveiller la mémoire et les événements qui lui sont associés. »

La mémoire musicale active les deux hémisphères, notamment la région de Broca : celle du langage.

Hervé Platel, professeur de neuropsychologie à l’université de Caen, est l’un des premiers chercheurs, dans les années 1990, à avoir observé le cerveau exposé à la musique. Grâce à l’imagerie par résonnance magnétique (IRM), il a identifié les réseaux du cerveau impliqués dans la perception et la mémoire musicale. Jusqu’alors, et de manière empirique, on considérait que le cerveau gauche était celui du langage (notamment l’aire de Broca et de Wernicke) et le droit, celui de la musique, or c’est plus compliqué que cela.

La mémoire musicale partage ainsi avec celle des mots des zones de l’hémisphère gauche qui permet notamment de nommer le nom de l’œuvre musicale, alors que l’hémisphère droit assure l’analyse perceptive (on reconnaît une mélodie). « Cette spécificité confère à la mémoire musicale, une supériorité par rapport à la mémoire verbale, détaille le chercheur. Lorsqu’un malade présente une lésion à l’hémisphère gauche (langage), les aires homologues droites ne compensent généralement pas ce déficit. En revanche, ajoute-t-il, le malade pourra généralement toujours percevoir, mémoriser la musique (sans la nommer) et en retirer du plaisir. »

Une persistance étonnante chez les malades d’Alzheimer

Cette persistance de la mémoire musicale s’observe particulièrement chez les malades d’Alzheimer, y compris dans les situations d’apprentissage. Des travaux réalisés par l’équipe d’Hervé Platel, en collaboration avec le docteur Odile Letortu, médecin dans l’unité Alzheimer de la maison de retraite Les Pervenches (Calvados), ont en effet montré que des patients (cas modérés et sévères de la maladie) a priori incapables de mémoriser une nouvelle information réussissaient à apprendre des chansons nouvelles (d’une dizaine de lignes) en moins de huit semaines (huit séances d’une heure tente). Et fait encore plus étonnant : certains d’entre eux s’en souvenaient et pouvaient entonner les mélodies quatre mois après l’arrêt de l’atelier.

Ces résultats ont conduit les chercheurs caennais à répliquer l’expérience. Ils ont fait écouter à des malades de nouveaux extraits musicaux et verbaux (poèmes et livres audio) pendant huit jours (à raison d’une fois par jour). Et, une fois encore, ont constaté que « les malades éprouvaient un sentiment de familiarité avec les mélodies écoutées deux mois et demi plus tôt, détaille le chercheur. En revanche, ils ne gardaient plus aucun souvenir des poèmes et des histoires entendus, ce qui confirme l’étonnant pouvoir de la musique à s’inscrire durablement dans le cerveau ».

Musicothérapie et Alzheimer Des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, a priori incapables de mémoriser une nouvelle information, réussissent à apprendre des chansons nouvelles.

Une étude incluant un groupe de 40 malades d’Alzheimer (stades modérés et sévères) et un groupe de 20 patients appareillés est actuellement en cours pour identifier les aires impliquées dans l’acquisition de nouvelles informations. « La question qui se pose, s’interroge Hervé Platel, qui pilote cette recherche avec la chercheuse Mathilde Groussard, est de savoir si cette capacité d’apprentissage est liée aux zones cérébrales qui fonctionnent encore ou à un circuit de mémoire alternatif qui prendrait le relais. »

La musique contre le vieillissement cérébral

Quoi qu’il en soit, la mise en évidence de ces étonnantes aptitudes musicales chez les patients atteints par la maladie d’Alzheimer a favorisé la mise en place de nouvelles méthodes de prises en charge. Certaines structures d’accueil proposent désormais des dispositifs fondés sur la familiarisation comme l’utilisation d’une mélodie chantée familière pour aider à la ritualisation de l’activité toilette, ou la mise en place de bornes de musique spécifique à chaque salle d’activité afin d’aider les patients à se repérer dans l’espace et dans le temps.

Les sujets âgés ayant une pratique musicale de quelques années ont moins de risque de développer une maladie neuro-dégénérative.

Mais pour autant, peut-on parler d’effets thérapeutiques ? De nombreux travaux indiquent que, en cas de lésions cérébrales, la sollicitation des aires cérébrales impliquées dans le traitement de la musique avait un effet positif sur les aptitudes cognitives (attention, mémoire, traitement du langage) et contribuait à favoriser la plasticité cérébrale. « La répétition de stimuli musicaux contribue à favoriser les échanges d’informations entre les deux hémisphères et à augmenter le nombre de neurones qui assure cette communication, ce qui a pour effet de modifier la structure du cerveau. Chez les musiciens, ces modifications se traduisent par des changements visibles, sur le plan anatomique par exemple : une plus forte densité du corps calleux (réseau de fibres qui relient les deux atmosphères) par rapport aux non-musiciens », note Emmanuel Bigand.

En 2010, Hervé Platel et Mathilde Groussard ont pour la première fois mis en évidence l’effet de la pratique musicale sur la mémoire. Il ont observé chez les musiciens une plus forte concentration de neurones dans l’hippocampe, région des processus mnésiques.

« Ce résultat confirme que la pratique de la musique stimule les circuits neuronaux de la mémoire et suggère qu’elle permettrait de contrer efficacement les effets du vieillissement cérébral. Plusieurs études ont ainsi montré que les sujets âgés ayant une pratique musicale de quelques années ont moins de risque de développer une maladie neuro-dégénérative », souligne le chercheur.

Des bénéfices à tous les âges

De même, la musique a des effets sur les aphasies (perte de l’usage de la parole) majoritairement consécutives aux AVC. En 2008, l’équipe de Teppo Sarkamo, du Centre de recherche sur le cerveau, à Helsinki, en Finlande, mettait en évidence les effets de récupération du fonctionnement cognitif et émotionnel de l’écoute musicale chez les victimes d’AVC.

Des travaux similaires sont actuellement en cours au CHU de Dijon sur l’impact d’une stimulation musicale précoce chez les patients touchés par un AVC. « Les premières observations montrent non seulement que les patients éprouvent du plaisir à écouter des musiques qui leur rappellent des souvenirs, mais qu’ils se mettent spontanément à fredonner ces mélodies », explique Emmanuel Bigand, qui pilote cette recherche. Cette réaction pourrait faciliter la réorganisation fonctionnelle indispensable à la restauration des compétences linguistiques. »

Alors devrions-nous tous écouter de la musique en boucle, chanter ou pratiquer un instrument pour stimuler notre cerveau et l’aider à lutter contre le vieillissement ? « Cela ne fait aucun doute », répondent de concert les chercheurs. « Les bénéfices sur le fonctionnement cognitif global du cerveau peuvent être observés à tous les âges, y compris chez les personnes âgées qui débutent tardivement la musique », précise Emmanuel Bigand, qui milite pour que, au même titre que le sport, la musique soit enseignée dès le plus jeune âge.

Source : www.lejournal.cnrs.fr

La Musicothérapie Permettrait de Freiner l’Evolution de la Maladie d’Alzheimer

La Musicothérapie Permettrait de Freiner l'Evolution de la Maladie d'AlzheimerLes médicaments ne peuvent pas grand-chose contre la maladie d’Alzheimer. La musique, en revanche, permet de stimuler le cerveau de la personne malade et de lui offrir un peu de bien-être. Un atelier est lancé en ce sens à Montfort-sur-Risle.

C’est une première dans la région de Pont-Audemer. L’école de musique de Montfort-sur-Risle propose pour cette rentrée des séances de musicothérapie à destination des malades d’Alzheimer : « Ces séances ont pour but de stimuler le cerveau des malades. La musique permet de stimuler également la mémoire, de faire remonter des souvenirs ou des sensations disparues. Nous avons tous des musiques qui nous rappellent certains moments de notre vie. »

Chansons d’antan

John Evra, musicothérapeute diplômé, est en charge de cet atelier Alzheimer : « A l’aide de chansons de leur époque, je tente de ramener à la surface des sentiments chez ses personnes. Le fait de travailler en groupe permet aussi une stimulation entre les participants, des échanges qui leur font du bien. »

En fonction de l’avancement de la pathologie, les malades peuvent également chanter ou faire eux-mêmes de la musique, « dans le respect des possibilités des participants », précise John Evra.

Si les médicaments sont peu efficaces pour lutter contre la maladie d’Alzheimer, la musique, entre autres, peut permettre de freiner l’avancée de la maladie : « Les thérapeutiques non médicamenteuses sont un élément important de la prise en charge. Elles apportent un mieux-être et permettent de conserver un lien social. Elles aideraient à préserver plus longtemps les fonctions cognitives, à prolonger l’autonomie, voire à augmenter l’espérance de vie. »

Ces mots ne sont pas ceux de John Evra mais ceux de la Haute Autorité de Santé, dans une lettre concernant le plan Alzheimer 2012. Une preuve supplémentaire des bienfaits de la musique sur les malades d’Alzheimer, de plus en plus nombreux en France et dans le monde.

Si un de vos proches est victime de la maladie, n’hésitez donc pas à contacter John Evra. Votre parent pourrait en tirer un réel profit, et surtout un soulagement important.

Edouard Kerfriden

Source : www.leveildepontaudemer.fr

Cabinet de Musicothérapie Sandrine Bedu