La Musicothérapie au Service des Prématurés

La Musicothérapie au Service des PrématurésLa Musicothérapie au Service des Prématurés : quand l’humain vient soutenir la médecine

Ils s’appellent Quentin, Hugo, Mia et Térésa, tous sont des bébés nés prématurément pris en charge au service de néonatologie de l’hôpital de Creil, premier à avoir intégré la musicothérapie dans les soins proposés aux bébés. Reportage avec Stéphanie Lefebvre, une des rares musicothérapeutes spécialisées en néonatologie en France .

Il est 14h30. Stéphanie Lefebvre se prépare pour sa journée de travail. Elle enfile ses chaussons, enlève les bijoux et ramasse ses cheveux sur la nuque. Pendant de longues minutes elle se lave les mains, avant de mettre sa blouse. Ensuite elle sort ses instruments : un tambour d’océan et un piano à pouces, qu’elle désinfecte soigneusement, avant de quitter les vestiaires et rejoindre le service de réanimation en néonatologie.

Nous sommes à l’hôpital de Creil, seul hôpital en France qui depuis 2007 a intégré la musicothérapie dans les soins en néonatologie. Stéphanie Lefebvre est musicothérapeute, et a accompagné cette initiative depuis ses débuts. Deux fois par semaine elle met ses compétences à disposition du service pendant trois heures.

D’abord la « réa », le service qui accueille les grands prématurés. Quand ils arrivent, certains bébés n’ont que 28 semaines in utero et ne pèsent pas plus de 800 grammes. Leur prise en charge est très médicalisée : arrivés au monde trop tôt, ces bébés sont étroitement surveillés. Entre les soins souvent désagréables – prises de sang, pose de cathéter- et un environnement sonore qui peut être agressif, ils peuvent être très sollicités. En dix jours au service de réanimation, un prématuré peut être exposé à 300 soins pas très agréables, précise Stéphanie.

D’un regard Stéphanie évalue l’état de son premier petit patient : il s’agit d’un prématuré de 33 semaines qui pleurait pendant les soins. Son rythme cardiaque est élevé, il est très agité. Le rôle de Stéphanie sera de l’apaiser pour lui permettre de retrouver le sommeil. Elle s’approche de la couveuse, ouvre délicatement la porte. Elle pose sa main sur sa tête et se met à vocaliser tout doucement, tout en surveillant ses constantes sur le moniteur.

« L’intérêt de la musicothérapie dans ce cas précis est de permettre à l’enfant de gérer la transition veille-sommeil et de mieux tolérer les soins qui peuvent être assez désagréables. Un grand prématuré a une hypersensibilité auditive et tactile et l’adaptation à l’environnement peut être très difficile. »

Stéphanie s’adapte à la situation de chaque enfant : avant de choisir le type d’intervention, elle passe par une étape d’observation en fonction de son état, de ses besoins et de son stade de maturation. En réanimation, elle utilise peu de paroles ou de chansons, mais plutôt le humming, une voyelisation rythmée pour créer un univers enveloppant qui rappelle l’univers sonore in utero. Soutenu par le bruit du tambour d’océan, le son simule les vibrations sonores qui parviennent au bébé par la paroi utérine ainsi que les battements du cœur de la maman, le souffle de la circulation sanguine, les bruits intestinaux. Apaiser un grand prématuré, c’est d’abord agir au niveau physiologique : réguler sa respiration et son rythme cardiaque et limiter sa dépense calorique pour optimiser les bénéfices de son apport alimentaire pour sa croissance et son développement.

« Il s’agit d’une approche active : j’adapte ma proposition en fonction des indications ou contre-indications que je trouve sur place. Pour les bébés prématurés, il y a deux écueils qu’il faut prendre en compte : la sur-stimulation sonore ou l’absence du son, les deux étant nocifs pour le bébé. Dans le milieu naturel, les sons qui l’enveloppent participent aussi à sa maturation. S’ils ne sont pas adaptés ou s’ils sont absents, cette maturation ne sera pas aboutie. Tous les paramètres sont strictement définis : il faut veiller que l’intensité et la fréquence du chant ne soit ni trop élevée, ni trop basse. Les sons stridents ou brusques sont bannis ; d’ailleurs, dans le service on essaye de soigner l’univers sonore jusqu’à limiter le bruit des alarmes ou les bruits agressifs provoqués par la manipulation du matériel. »

La musique permet de déclencher le sentiment de parentalité

Peggy Lejoncourt, psychologue au service de la néonatologie, travaille notamment sur le lien parent-enfant qui est souvent fragilisé dans les situations des grands prématurés : leur pronostic vital étant engagé, ils ne peuvent pas être portés, bercés ou nourris par leur mère.

Dans le service, une attention particulière est portée à l’implication des parents dans les soins pour favoriser le contact précoce avec le bébé pour que le sentiment de parentalité se construise au mieux. « Une naissance prématurée est un grand choc pour les parents. Ils sont parfois déçus parce qu’un prématuré n’est pas le bébé dont ils ont rêvé. Le fait de le voir ouvrir les yeux, réagir à l’écoute des sons que propose Stéphanie, les rassure parce qu’ils se rendent compte que leur bébé communique avec son environnement, » explique Cécile Barelle, cadre infirmier du service.

Stéphanie suit les prématurés tout au long de leur séjour en néonatologie. Une relation avec le musicothérapeute s’établit au fur et à mesure des séances, ce qui participe au développement neuro-comportemental et psychoaffectif de l’enfant : « Au niveau de la survie des grands prématurés, on a fait d’énormes progrès. L’enjeu principal en néonatologie et en réanimation est d’en faire autant en soins de développement. La musicothérapie y joue un rôle important, comme la prise en charge en psychomotricité ou par les psychologues, dans l’immédiat comme dans la prévention des séquelles qui peuvent se manifester dans leur vie future.»

Mia est arrivée dans le service de réanimation à cinq mois et demi de gestation. Stéphanie la suit depuis le début. Maintenant, Mia pèse deux kilos et s’apprête à rejoindre le service kangoroo, où sont accueillis les bébés qui ont acquis une autonomie respiratoire et une stabilité au niveau du poids qui leur permettent de quitter la couveuse.

Installée au sein de sa maman, Mia apprend à téter. Lorsque Stéphanie se met à chanter, elle s’arrête un moment, pour reprendre de plus belle. Stéphanie a choisi une berceuse douce, mais rythmée, pour encourager Mia de continuer à téter.

« On a remarqué que la musique provoque chez les bébés le réflexe de succion, ce qui est très important pour les prématurés qui ont beaucoup de mal à s’alimenter. »

Pour Mia, Stéphanie propose les berceuses accompagnées d’un piano à pouces. A un moment, la maman de Mia se met à chanter aussi. Pour les bébés qui sont sortis de la couveuse, Stéphanie peut les prendre dans ses bras, mais si les parents sont présents, elle privilégie leur implication. Pour la maman de Mia c’était très rassurant de voir Mia réagir à la musique dès les premières séances, parce qu’elle était très inquiète du manque de communication avec son bébé.

Une discipline pionnière qui attend d’être reconnue

Une des rares musicothérapeutes spécialisées en néonatologie, Stephanie Lefebvre a fait toute sa formation en Allemagne. En France, la musicothérapie en néonatologie se résume à des interventions ponctuelles, alors que, selon Stéphanie, les bénéfices ne peuvent être observés que dans la régularité et la durée. Mais la musicothérapie en général souffre encore en France de peu de reconnaissance :

« C’est la deuxième année que la Faculté de médecine de Montpellier accueillit les formations en musicothérapie en néonatologie, ce qui veut dire que l’horizon s’ouvre petit à petit. Mais nous n’en sommes qu’aux débuts, et les difficultés liées au contexte de réductions budgétaires dans les hôpitaux publics ne nous facilitent pas la tâche. Dans les pays germanophones – Allemagne, Suisse germanique et Autriche – la musicothérapie en néonatologie est solidement implantée, avec des budgets considérables alloués à la recherche et une trentaine d’hôpitaux qui l’ont adoptée déjà. »

N’étant pas considérée comme appartenant au corps médical, Stéphanie ne peut pas être embauchée par l’hôpital de Creil et est payée par l’association de pédiatrie et néonatologie du GHPSO, qui arrive d’année en année, à lever des fonds pour maintenir sa présence à l’hôpital. Son intervention est limitée à deux après-midis par semaine, alors que les besoins au sein de la néonatologie à l’hôpital de Creil sont beaucoup plus importants.

Le service de néonatologie de l’hôpital de Creil a fait de ses recherches en soins de développement, dont la musicothérapie fait partie, une priorité et est devenu même le service pilote de la région dans le domaine. Un apport indispensable de l’humain pour être le plus à l’écoute des prématurés, de leurs besoins et de leur développement, comme le précise Cécile Barelle :

« L’intérêt pour la musicothérapie ces dernières années et les recherches qui se multiplient et qui apportent les preuves scientifiques par l’imagerie médicale, font petit à petit avancer les choses. Il faudrait maintenant que les universitaires et les practiciens réunissent leurs éfforts pour que la prise en charge de l’humain par la musicothérapie, et plus généralement, l’art-thérapie, qui ont fait leurs preuves sur le terrain- soit reconnue au même titre que la prise en charge médicale,» conclut Stéphanie Lefebvre.

Source : www.francemusique.fr

Musique et Cerveau Radio France 2016

Musique et Cerveau Radio France 2016Comment le numérique modifie les pratiques musicales ?
Changement dans l’apprentissage de la musique ?
Changement dans l’écoute de la musique : ces nouvelles formes de pratiques et d’écoutes modifient-elles notre comportement, notre cerveau et la société dans son ensemble ?
Les nouvelles technologies peuvent-elles nous aider à soigner le cerveau ?
Quelles sont les conséquences des aide-mémoires et des mémoires de substitution ?
Peut-on faire une modélisation numérique du fonctionnement cérébral ?
Une intelligence artificielle peut-elle créer une symphonie ?
Un ordinateur peut-il écrire un tube ?

Une présentation d’une création en son multicanal sera diffusée par les équipes de Radio France

LES INTERVENANTS

Les Big data et notre cerveau : Jean-Gabriel Ganascia (Professeur à l’université Pierre et Marie Curie de Paris)

Musiques numériques, illusions et traitements cérébraux : Daniel Pressnitzer (Directeur de recherche au CNRS, École Normale Supérieure de Paris)

Nouvelles technologies musicales et prise en charge des patients : Hervé Platel (Professeur de neuropsychologie à l’Université de Caen)

Grand Témoin : Wally Badarou (musicien, compositeur, producteur et spécialiste des synthétiseurs)

Source : www.musique-sante.org

La Musique qui Soigne : des airs dans la tête

La Musique qui Soigne : des airs dans la tête

Depuis quelques années, les vertus thérapeutiques de la musique mobilisent beaucoup les neurosciences. Maintenant que la question est affaire de cerveau, les maladies neurodégénératives recevront bien quelques soins musicaux. Mais dans quelle tonalité ?

Programmation musicale :

Bing Crosby
White Christmas

Hildegarde von Bingen
Ancient suite
Martin Frost (clarinette)
Choeur des filles Adolf Fredrik
Orchestre philharmonique royal de Stockholm

Mozart
Cosi fan tutte (finale de l’Acte I)
Orchestre de l’Opéra d’Etat de Bavière
(direction : Wolfgang Sawallisch)

Froberger
Plainte faite à Londres pour passer la mélancolie
Magdalena Hasibeder (clavecin)

Boulez
Marteau sans maître (L’artisanat furieux)

Ligeti
Continuum
Antoinette Vischer (clavecin)

Ligeti
Atmosphere
Orchestre de la WDR de Cologne
(direction : Ernest Bour)

Bartok
10 pièces faciles BB51 Sz 37 (Exercice à 5 doigts)
Andreas Bach (piano)

Paganini
Caprice n° 5
Tedi Papavrami (violon)

Jean-Sébastien Bach
Le Clavier bien tempéré (Prélude et fugue n° 17 en la bémol majeur)
Glenn Gould (piano)

Sufyan Stevens
Should have known better

Buffy Sainte-Marie
Rolling log blues

Dvorak
2ème Quintette (Scherzo)
Menahem Pressler (piano)
Quatuor Ebène

Source : www.franceculture.fr

La Musique et le Développement des Enfants

De nombreuses études ont démontré que l’apprentissage de la musique améliore les facultés cognitives des enfants. Une autre étude s’ajoute à la liste; apprendre la musique en groupe jouerait un rôle majeur dans le développement des habiletés sociales des enfants.
Recherche et narration : Mariève Paradis

Source : www.ici.radio-canada.ca

A Neurologists View of Music Therapy in Patients With Brain Trauma

A Neurologists View of Music Therapy in Patients With Brain TraumaDementia, strokes, Parkinson’s and other neurological illnesses are increasing in numbers as the baby boomer demographic grows older. Adding to this burden of care for the numbers of people with these illnesses are those who are younger and have suffered severe brain trauma. While mortality is decreasing, likely due to improved in-hospital care, it may mean that there will be more people living with the consequences of the brain trauma and requiring significant care giving. Nearly half of severe traumatic brain injury survivors have disability related to the injury after one year, some with minor cognitive, motor, or sensory problems, others in prolonged coma or minimally conscious states. It is rewarding to read about the use of music therapy used as a way to improve some function in these patients. Concetta Tomaino, a pioneer in the field of music therapy for 38 years, worked as a clinician, scientist and administrator. In partnership with Dr. Oliver Sachs, she demonstrated that music has the “power to help stimulate patients with Alzheimer’s Disease; help Parkinson’s patients learn to walk again; help restore speech to a patient who has had a stroke. . . ” We asked Dr. Baxter Allen, a neurologist in fellowship training in the area of brain trauma, to give us a description of how sound is received and incorporated in the brain and to discuss research in the area of music therapy and its ability to aid in recovery of brain injured patients.
— Dr. Patricia Yarberry Allen, Publisher

“Music is a world within itself with a language we all understand” – Stevie Wonder

Music has been a part of the world since before history was recorded: the songs of birds, the pitter-patter of raindrops on the earth, the low bay of the wolf resonating over a wide range. While writing, or at least some symbolic representation of language, came to human communication sometime between 5,000 and 10,000 years ago, the earliest known musical instruments are more than 40,000 years old. Human language is now thought by many to have come from music, rather than the other way around. Indeed, as humans develop during infancy and childhood, concepts of rhythm and tonality, or prosody, supersede the development of speech. And when children are learning, music and song are frequently used to aid the process (e.g. the Alphabet Song).

The importance of music does not end with childhood development. For centuries, music has been used to calm and relieve stress, to promote unity in a group, and to excite people. Babies calm with lullabies, adults can be more productive, or even be lulled into spending more money in stores. And more recently, research has shown that learning and playing musical instruments throughout life can improve cognitive functioning and delay the onset of dementia.

But what about music as a therapeutic tool?

Music has been used in some capacity to heal since at least the Ancient Greeks, with such philosophers as Aristotle discussing its cathartic effects on human emotion. In modern medicine, music was used in the therapeutic setting in the 18th and 19th centuries to treat a wide variety of diseases, although it is not clear how effective these interventions were.

By the 1950s, with the formation of the National Association for Music Therapy, rigorous educational models in the practice of music therapy, in combination with research, brought the field into the modern era. Music therapy was incorporated into psychiatric institutions, nursing homes, rehab centers, and hospitals, mostly to help ease pain and anxiety. By the late 1970s, people like Dr. Concetta Tomaino and Dr. Oliver Sachs started to realize that perhaps it could be useful in more than just easing pain, that it could be a tool to aid in the recovery of function.

Music and the Brain

The processing of sound is a complex process in the brain. Sounds vibrate the ear drum and activate the cochlear nerve. This nerve brings data to the cochlear nucleus, which sits in the lowest part of the brain (the brain stem) and passes information up into bilateral superior olivary complexes, which sit in the pons. These structures pass information higher into the thalamus, which acts as a relay of sensory information to the cortex and as a regulator of consciousness. Finally, in the cortex, sound is processed into more consciously recognized patterns, such as speech, music, etc. In this way, sounds have an effect on the most primitive and most advanced parts of the brain.

More recently, scientists have found that music and speech are processed by overlapping but different areas of the brain, showing how music is likely a fundamentally different product in the brain than speech.

While the data presented in the above figure show some of the cortical areas that process speech and music, there are many other areas that will be activated by speech, song, or both.

RELATED: Jenny Burton: “Singing is the Best of Who I Am”

Music Therapy and Brain Injuries

Over the last several years, music therapy has been shown to be effective in aiding recovery of brain injured patients. Multiple studies have demonstrated that music therapy is beneficial in patients recovering from strokes.

In retraining speech in patients suffering from aphasia (inability to speak), Cortese et al used a technique called melodic intonation training to improve communication. Not only did it improve the rhythm (or prosody) of speech, but also helped patients improve their abilities to name objects, to comprehend speech, and to communicate overall. Schlaug et al have shown that melodic intonation training engages areas of the brain used for processing music (mostly in the right hemisphere) and changes brain connections allowing these areas to be used in speech as well.

In helping patients recover motor deficits after stroke, Ripollés et al used music supported therapy to restore connections between auditory and motor areas, leading to functional improvement in weakened hands.

Even in comatose patients recovering from severe traumatic brain injury, Park et al showed that stimulation with familiar sounds (e.g. family members’ voices and favorite types of music) were more effective in arousal than non-familiar sounds (e.g. general music and TV sound).

In more chronic diseases, like Parkinson’s disease, music therapy can improve daily functioning in multiple domains. Music therapy can specifically improve motor function, cognitive function, functional gait, balance, tremor and bradykinesia (i.e. slowness of movement).

The Future

There has been an exponential increase in the utilization of music therapy in brain injured patients over the last several years due to the low risk and generally low costs of these interventions. There is still significant work to be done, to best delineate how these therapies are effective, to see to what degree they are effective, and to determine which interventions in particular are most useful. Thanks to the pioneering work and tireless promotion of practitioners like Drs. Sachs and Tomaino, that future is possible.

Source : www.womensvoicesforchange.org

Soins Palliatifs : la musique adoucit les douleurs

Soins Palliatifs : la musique adoucit les douleursUn projet de recherche, associant une violoncelliste et des médecins, évalue l’efficacité de la musique pour réduire la douleur des patients au cours d’actes médicaux.

MODE D’ACTION. C’est un pansement qui ne guérit pas, ne remplace pas non plus la morphine mais fait du bien au corps. Son nom ? le pansement Schubert. Son mode d’action, des sons sortis de la vibration d’un archet de violoncelle qui diminuent la douleur et l’anxiété de patients en fin de vie. Cette expérience de musicothérapie “vivante”, soutenue par la fondation Apicil est en cours depuis 2014 à l’hôpital Sainte-Périne (Paris) dans un service pionnier de soins palliatifs créé il y a 22 ans. Elle commence à livrer ses bienfaits : moins 10 à 30 % de douleurs pour les patients quand la musique est jouée en live dans la chambre au moment de la réalisation des gestes médicaux (pansements, prise de sang, pose de sonde…) !

Tout a commencé par hasard il y a quelques années par la rencontre d’une musicienne, Claire Oppert, concertiste et musicothérapeute, avec une patiente démente dont l’agitation constante, particulièrement au moment des soins, rendait la tâche des soignants plus que difficile. Un jour, la musicienne a eu une intuition. Lors d’une énième agitation, elle s’est mise à jouer le célèbre mouvement lent du 2e trio de Schubert (l’un des thèmes de Barry Lindon de Stanley Kubrick). Immédiatement, la malade s’est calmée et les soins ont pu être réalisés en toute sérénité. Mieux, dans les jours qui ont suivi, ils n’ont été possibles que si la musicienne et son instrument étaient présents dans la chambre ! Le nom du pansement était trouvé. Depuis, est né un projet de musicothérapie dite vivante, différente de l’écoute d’un enregistrement musical et incluant bien d’autres compositeurs. Démarré en 2014, il est toujours en cours à l’hôpital Sainte-Périne (Paris) et doit se prolonger jusqu’en 2017, voir la vidéo.

Ce projet musical est né d’une autre rencontre, celle de la musicienne qui cherchait un stage pour valider son diplôme d’art-thérapeute et d’un médecin pionnier engagé dans les soins palliatifs depuis plus de 20 ans, le Dr Jean-Marie Gomas, porteur du projet. « Il ne s’agit pas ici d’aller jouer trois notes de musique de chambre en chambre, détaille le médecin. Mais d’un véritable projet de recherche visant à définir l’impact positif de la musique sur les douleurs induites par les actes douloureux. »

Pour cela, 200 pansements Schubert sont prévus (une centaine se sont déjà déroulés) soit la réalisation de 200 soins, accompagnés ou pas par la musique de Claire Oppert, les effets sur les deux groupes de patients, tous en fin de vie, devant ensuite être comparés. « Les premiers résultats attestent d’une diminution de 10 à 30 % de l’intensité douloureuse », détaille le Dr Gomas. Tous volontaires, les patients choisissent le type de musique qu’ils ont envie d’écouter. Classique mais aussi « ethnique », rock… tout est possible sous les doigts agiles de la musicienne ! Qui précise : « Le violoncelle est un instrument proche de la voix humaine et ses fréquences sont facilement accessibles à tous, pas besoin d’être mélomane. »

Quand les notes s’envolent, les visages se détendent

Chaque séance, d’une durée comprise entre 20 minutes et une heure, deux au maximum par semaine, se déroule au moment précis de soins, la musicothérapeute étant installée avec son instrument dans un coin de la chambre, les infirmières concentrées sur les gestes mais bénéficiant aussi de l’écoute des notes apaisantes. Quand les sons s’envolent, forts et vibrants, les visages se détendent, les muscles du corps se décontractent, la respiration se fait plus calme, ample et l’anxiété s’atténue. « Un patient sur dix seulement refuse mais 80 % des malades, certains étant dans le coma, réagissent surtout par leur respiration qui se ralentit et s’amplifie », précise la musicothérapeute. « En fait la musique c’est à la fois essentiel mais on peut aussi vivre sans », conclut-elle. Ici, à Sainte Périne, dans ce service ultime où les patients décèdent pour la plupart 8 jours après leur admission, c’est justement dans ces derniers moments de vie qu’elle se met à résonner pour faire reculer la douleur et l’angoisse. D’autres applications, par exemple en gériatrie, pourraient suivre.

Une fondation engagée contre la douleur
Qu’elle soit aiguë, chronique, physique ou psychique, la douleur ne se combat pas toujours seulement avec des médicaments. Reconnue d’utilité publique depuis plus de 12 ans et créée par le groupe Apicil, la Fondation Apicil intervient justement en encourageant des projets et initiatives qui ont pour objectif le développement d’approches complémentaires et pratiques innovantes tant pour la prévenir que pour la soulager. Plus de 800 projets ont déjà été financés pour un montant de 7,5 millions d’euros. Hypnose mais aussi musicothérapie, relaxation, sophrologie. Pour le projet du pansement Schubert, la fondation Apicil a travaillé avec le Cefama, le centre d’étude et de formation sur l’accompagnement des malades, une association axée sur les soins palliatifs et créée en 1992 par le Dr Jean-Marie Gomas.

Source : www.sciencesetavenir.fr

L’hôpital Donne Deux Fois plus de place à la Musicothérapie

L'hôpital Donne Deux Fois plus de place à la MusicothérapieLe Rotary, le Lions Club, les Kiwanis, les Kiwanis Séraphine et le Club 41. Pas moins de cinq clubs service du sud de l’Oise se sont mobilisés autourd’un même projet : doubler le nombre d’heures de musicothérapie dans le service de néonatologie de l’hôpital de Creil. « Le service bénéficie déjà de trois heures de musicothérapie par semaine, financées par l’association de pédiatrie et néonatologie du GHPSO, rappellent les présidents des cinq clubs service. Mais il faut davantage d’heures pour assurer une continuité dans les soins apportés aux prématurés. »

Les cinq clubs ont eu l’occasion de détailler l’activité de Stéphanie Lefebvre, qui intervient à l’hôpital de Creil. « J’avais pu présenter, sous forme de conférences, la musicothérapie, en décembre et février, aux membres de ces clubs. Ce qui a su les convaincre d’apporter leur soutien à ma pratique afin qu’elle puisse se pérenniser à hauteur de six heures de présence par semaine dans le service, réparties en deux après-midi de trois heures », précise Stéphanie Lefebvre.Un rôle apaisant pour les bébés

La jeune femme a aussi pu compter sur le soutien de l’équipe médicale, qui a intégré la musicothérapie dans son projet de soins. Elle ne les remplace jamais, mais vient les renforcer, notamment en jouant un rôle apaisant pour les bébés. « On peut constater une amélioration de la saturation en oxygène, et une meilleure fréquence cardiaque des bébés après des séances de musicothérapie », poursuit-elle.

C’est en chantant, parfois accompagnée de petits instruments, que la musicothérapeute parvient à ces résultats. De simples comptines ou une berceuse de Brahms ont ainsi d’étonnantes vertus auprès d’enfants nés avant terme. En une matinée, Stéphanie peut rendre visite à quatre ou cinq bébés, toujours avec l’accord des parents, qui sont associés aux passages chantés s’ils le souhaitent. L’avis des soignants est également déterminant pour définir auprès de quel enfant l’aide de Stéphanie peut-être utile. Une aide qu’elle apportera désormais six heures par semaine, en amenant de la musique dans un endroit où l’on entend plus souvent le bourdonnement des appareillages médicaux.

Source : www.leparisien.fr

Brain Picks up the Beat of Music Automatically

A sense of rhythm is a uniquely human characteristic. Music Cognition scientist Fleur Bouwer discovered that the sense of rhythm — also known as the beat — is so fundamental to humans that we recognise patterns in music even without paying any attention or receiving any training. Based on these findings, Bouwer will obtain her doctorate from the University of Amsterdam on Wednesday 8 June.

What most people call the sense of rhythm — the mechanism that enables us to clap along or dance to music — is an intangible ability that is exclusive to human beings. For example, imagine a barrel before it is placed inside a barrel organ. On the barrel, you can see exactly which tones will be played and for how long they will be audible. However, the regularity of the rhythm cannot be read on the barrel. This rhythm exists only in our heads, where our brain recognises patterns in the sounds. This helps us to predict the music, enabling us to synchronise our actions with it, i.e. dancing, clapping, singing or playing the violin.

Swaying back and forth

Human beings are the only species that recognise these patterns and scientists suspect that an evolutionary development is at the root of it. Music can work as a social lubricant within a community and a sense of rhythm enables us to make music with others or sway back and forth on the bleachers of a football stadium.

For five years, Fleur Bouwer plumbed the depths of the human sense of rhythm in order to map out the fundamental brain processes that lie at its roots. She discovered that both training — i.e. music lessons — and concentration — i.e. paying attention to the music — are unnecessary in recognising rhythm. Even the brains of untrained listeners can recognise the rhythm of a piece of music, even when performing a completely different task.

However, the PhD candidate would like to dispel one misunderstanding: the fact that nearly everyone is capable of recognising musical rhythm does not mean that everybody can dance to that rhythm. ‘This requires more complex motor skills on top of the ability to recognise the rhythm, and unfortunately these skills are not as universal to humans as the sense of rhythm.’

Parkinson’s disease

Although training and attention are not necessary for picking up rhythm, they do help. Professional musicians have been shown to be better than normal people at predicting notes in a rhythm based on the rhythm they recognised in an excerpt of music. This ability was its strongest when the musicians were concentrating hard. Bouwer: ‘My results show that, to a certain extent, the sense of rhythm is a fundamental brain process that develops unconsciously. However, training may well help you to make predictions based on the rhythm. This is useful when playing music or dancing.’

Bouwer hopes that knowledge of musical perception can ultimately be used to help people. ‘The brain scanner displays activity in the motor networks when people listen to music with a clearly discernible rhythm. I find that particularly interesting. Maybe we can eventually use this relationship between musical experience and the motor system to help people with motor-system disorders such as Parkinson’s disease. However, before we explore this possibility, we must gain a better understanding of the fundamental processes. My research contributes to this.’

On 7 June, a symposium will be held to mark the conferral of Bouwer’s doctorate, at which international scientists will share new insights into sense of rhythm and the brain.

Source : www.sciencedaily.com

Cabinet de Musicothérapie Sandrine Bedu