Etude sur la Musicothérapie pour les TSA

TEMPS A est un essai international de l’efficacité de la musicothérapie pour les troubles du spectre autistique (TSA), hébergé par le Académie de musique Centre de recherches pour la thérapie Grieg (GAMUT / Uni Santé / Uni Research).

Les chiffres de prévalence des TSA sont en hausse, et les interventions précoces sont importantes pour réduire le risque des individus de se retirer de l’éducation, la vie et les activités sociales de travail. Des recherches antérieures ont suggéré que la musicothérapie peut améliorer les compétences de l’interaction sociale et de communication et est donc considéré comme prometteur en tant intervention précoce pour les enfants atteints de TSA.

TEMPS A est la première étude d’efficacité bien contrôlée et la plus grande étude randomisée sur le traitement non pharmacologique de l’autisme jusqu’ici. Il est financé par le Conseil norvégien de la recherche et s’appuie sur une collaboration de sept pays à travers le monde.

Il vise à inclure un total de 300 enfants atteints de TSA et mettra l’accent sur les principaux symptômes de l’autisme, d’examiner si la musicothérapie améliore les compétences sociales de communication chez les enfants atteints de TSA.

Source : www.wmaker.net

Autisme : les bienfaits de la musicothérapie

Autisme : les bienfaits de la musicothérapieLa musicothérapie est proposée depuis de nombreuses années à des personnes atteintes de troubles du spectre autistique. Mais il n’est pas toujours facile d’évaluer scientifiquement les effets de ce type de prise en charge. En 2015 dans la région nantaise, une trentaine d’enfants ont participé à une étude encadrée par le Pr Olivier Bonnot, pédopsychiatre au CHU de Nantes. En quoi consistent les séances de musicothérapie ?

Communiquer avec l’autre, imiter quelqu’un, mais aussi jouer… autant d’interactions sociales qui peuvent poser des difficultés à des enfants atteints de troubles du spectre autistique. Avec la musique, les thérapeutes utilisent un moyen détourné pour les encourager à communiquer et à échanger. « On va aller vers du non verbal, vers des sons, des choses très brutes, archaïques, basiques… pour essayer de les amener à produire de plus en plus de sons, des mots, des choses qu’ils vont pouvoir articuler… Pour la partie interaction sociale, la musique c’est jouer avec l’autre. On essaie donc d’encourager et de solliciter le jeu à l’autre, le lien à l’autre via l’objet sonore, via la musique », explique Catherine Raulais, musicothérapeute.

Djembé, tambourin, balafon… Beaucoup d’instruments utilisés en musicothérapie sont des percussions. Elles sont faciles d’accès et directement utilisables. Et si la thérapeute encourage les enfants à les prendre en main, ils peuvent se servir des instruments comme ils le veulent.

« On sait que les enfants autistes sont assez sensibles à la mélodie de la voix, donc tout ce qui est chanté va permettre de transmettre des messages. Et on rencontre plus facilement les enfants autistes quand on chante que quand on leur parle. D’ailleurs il y a des enfants autistes mutiques qui utilisent leur voix après des séances en musicothérapie et qui sortent de leur mutisme », souligne Emmanuelle Carasco, psychologue-musicothérapeute.

Pour évaluer l’effet de la musicothérapie sur les enfants autistes, l’étude nantaise a comparé deux groupes. Dans le premier groupe, les séances étaient encadrées par un thérapeute alors que dans le second, les enfants se contentaient d’écouter de la musique : « On veut montrer qu’il y a plus d’effets sur les symptômes autistiques en utilisant la musicothérapie avec une personne formée et un protocole précis que de faire écouter de la musique aux enfants. Car de façon assez courante, on dit que la musique a des effets thérapeutiques. Cela est vrai, mais il faut que la musicothérapie soit encadrée scientifiquement par un protocole précis », prévient Emmanuelle Carasco.

Les résultats de l’étude menée à Nantes sont en cours de publication. Ils suggèrent que les séances de musicothérapie, et plus généralement de musique, ont eu des effets bénéfiques pour plusieurs petits patients autistes.

Source : www.allodocteurs.fr

La Musicothérapie Chez les Patients Atteints de Troubles du Spectre Autistique

Question

Nous avons examiné les preuves concernant l’effet de la musicothérapie chez les personnes atteintes de troubles du spectre autistique (TSA). Nous avons comparé la musicothérapie ou de la musicothérapie en plus des soins standard à l’absence de traitement, un traitement similaire sans la musique (traitement « placebo »), ou des soins standard.

Contexte

Les patients atteints de TSA présentent des difficultés d’interaction sociale et de communication. La musicothérapie utilise des expériences musicales et les relations développées grâce à elles pour permettre aux personnes de se lier à d’autres, de communiquer et de partager leurs sentiments. La musicothérapie permet donc d’aborder certains des principaux problèmes rencontrés par les patients atteints de TSA. Nous avons voulu déterminer si la musicothérapie aide les personnes atteintes de TSA en comparaison à d’autres alternatives.

Les caractéristiques de l’étude

Nous avons inclus 10 études avec un nombre total de 165 participants. Les études ont porté sur les effets à court et moyen terme d’interventions en musicothérapie (une semaine à sept mois) pour les enfants atteints de TSA.

Principaux résultats

La musicothérapie a fourni des résultats supérieurs à la thérapie placebo ou à des soins standard en ce qui concerne l’interaction sociale et les capacités de communication non verbale et verbale, l’initiation d’un comportement et la réciprocité socio-émotionnelle. La musicothérapie a également fourni des résultats supérieurs à une thérapie « placebo » ou à des soins standard dans les domaines de l’adaptation sociale, de la joie, et de la qualité des relations parents-enfants. Aucune des études incluses ne rapportait d’effets secondaires causés par la musicothérapie.

Qualité des preuves

La qualité des preuves était modérée pour l’interaction sociale en dehors du contexte de la thérapie, l’initiation d’un comportement, l’adaptation sociale et la qualité de la relation parents-enfants, et faible pour les trois autres critères de jugement principaux (les capacités de communication non verbale en dehors du contexte thérapeutique, les capacités de communication verbale en dehors du contexte thérapeutique et la réciprocité socio-émotionnelle). Les raisons de la qualité limitée des preuves étaient des problèmes liés à la conception de l’étude et au petit nombre de patients recrutés pour ces études.

Conclusions des auteurs

La musicothérapie pourrait aider les enfants atteints de TSA à améliorer leurs compétences dans des domaines importants tels que l’interaction sociale et la communication. La musicothérapie pourrait également contribuer à augmenter les compétences d’adaptation sociale chez les enfants atteints de TSA et à promouvoir la qualité des relations parents-enfants. Certaines des études incluses comprenaient des interventions qui correspondent bien à un traitement dans la pratique clinique. Il faudra effectuer des recherches supplémentaires mieux conçues et portant sur un plus grand nombre de patients. Il est important d’examiner spécifiquement la durée des effets procurés par la musicothérapie. L’application de la musicothérapie exige une formation universitaire et clinique spécialisée. Ceci est important lorsque les résultats de cette revue sont appliqués dans la pratique.

Conclusions des auteurs :
Les résultats de cette revue mise à jour apportent les preuves que la musicothérapie pourrait aider les enfants atteints de TSA à améliorer leurs compétences dans les domaines des critères de jugement principaux qui constituent le noyau de la maladie, parmi lesquels l’interaction sociale, la communication verbale et la réciprocité socio-émotionnelle. La musicothérapie pourrait également aider à améliorer les compétences de communication non verbale dans le contexte thérapeutique. De surcroît, dans les domaines des critères de jugement secondaires, la musicothérapie pourrait contribuer à augmenter les compétences d’adaptation sociale chez les enfants atteints de TSA et à promouvoir la qualité des relations parents-enfants. Contrairement aux études incluses dans une version précédente de cette revue publiée en 2006, les nouvelles études comprises dans cette mise à jour ont amélioré l’applicabilité des résultats à la pratique clinique. Des recherches supplémentaires portant sur de plus grands effectifs et des critères d’évaluation généralisés sont nécessaires pour corroborer ces résultats et pour examiner la durabilité des effets de la musicothérapie. Pour l’application pratique des résultats de cette revue, il est important de tenir compte du fait que la musicothérapie exige une formation universitaire et clinique spécialisée.

Source : www.cochrane.org

Rôle de la Musicotherapie Pour Lutter Contre l’Autisme

Mots clés : musicothérapie, autisme, traitement, musique

Résumé : L’objectif de cet article est de montrer le rôle important de la musicothérapie et mettre l’accent sur son pouvoir magique à lutter contre l’autisme auprès de l’enfant autiste. Une définition de cette anomalie est donnée. L’article montre les bienfaits de la musicothérapie en général et l’interaction de ce genre de thérapie pour lutter contre l’autisme.

1. Introduction

La musicothérapie utilise le son et la musique sous toutes ses formes, en tant que moyen d’expression et de communication. Elle a pour but de rétablir et de maintenir la santé psychique et physique. Il s’agit d’une approche globale qui met en jeu le corps, la sensorialité, l’affectivité ainsi que les facultés intellectuelles et mentales.

En musicothérapie, le son et la musique constituent les médiateurs dans la relation entre le patient et le musicothérapeute. Le recours à l’expression musicale distingue la musicothérapie des autres formes de thérapie. Cette particularité se fonde, entre autres, sur les qualités de pénétration et de contact du son, tels que rythme, mélodie, etc. ; sur ses effets physiologiques ; sur son pouvoir d’évocation, d’association et d’éveil des émotions ; sur son potentiel de stimulation de la créativité et d’accès à une dimension spirituelle.

L’expérience sensorielle sonore réalisée dans le cadre de ce processus favorise l’émergence de contenus intérieurs tels les affects, les tensions et les conflits latents. Elle facilite le remplacement progressif des mécanismes de défense pathologiques par l’introduction d’attitudes plus adéquates.

Pour la musicothérapie, aucune connaissance particulière en musique et en technique instrumentale n’est exigée du patient. L’événement relationnel représenté par l’accès personnel à la musique et au monde sonore est plus important que le fait de « faire de la musique ». La musicothérapie est appliquée chez les enfants, les adolescents et les adultes qui présentent les troubles les plus variés. Elle est pratiquée en groupe ou en séances individuelles.

Différentes techniques ou méthodes sont utilisées selon l’indication. L’improvisation spontanée à l’aide d’instruments et de la voix peut servir de base aux possibilités d’expression et de contact. L’écoute de la musique à partir d’enregistrements peut devenir un catalyseur de l’intervention thérapeutique.

Les domaines d’application de la musicothérapie sont tellement larges et les façons de la pratiquer tellement variées (instruments, types de musique…), que les études scientifiques n’ont pas réussi à en démonter les effets. Cette technique n’est donc pas reconnue, même si les médecins en constatent l’efficacité et l’utilisent beaucoup notamment dans les hôpitaux et dans le secteur socio éducatif.

Cet article s’articule autour de trois Sections. En plus de l’introduction, la Section 2 dévoile le rôle de la musicothérapie dans le traitement de l’autisme. Pour ce fait, une définition de l’autisme est donnée en premier lieu. En second lieu, les bienfaits de la musicothérapie sont exposés. Finalement, la Section 3 conclut l’article.

2. Rôle de la musicothérapie dans le traitement de l’autisme

Le rôle que la musicothérapie peut fournir vis-à-vis cette anomalie comportementale peux être cité et approuvé depuis le public cible (enfants autistes) et à partir des interactions remarquées au cours ou même après une succession de séances de musicothérapie.

La musicothérapie semble tout à fait adressée à des personnes, telles que les autistes ou souffrant de graves troubles de la communication. En effet, elle sert à :

  • améliorer et travailler les comportements sociaux en suscitant des interactions,
  • améliorer les habiletés communicationnelles, le degré d’attention, la motricité fine et les performances académiques,
  • diminuer les comportements inadéquats, de stress ou d’agressivité,
  • favoriser l’extériorisation des sentiments,
  • introduire de nouvelles actions (marcher, s’asseoir, dormir…),
  • et faire découvrir son corps et l’espace environnant à l’enfant autiste.
  • La sous section suivante donne une définition précise de l’autisme.

2.1. Définition de l’autisme

Les autistes ne sont ni fous, ni idiots, ni des anges, ni des êtres venus d’ailleurs. Ce sont des êtres humains secrètement piégés dans une affectivité mutilée. Ce serait une erreur de croire que les autistes ne ressentent rien.

L’autisme est un trouble neuro-développemental, qui se manifeste dès les premières années de la vie par une absence de réciprocité sociale et de réponse émotionnelle, des troubles du langage, des champs d’intérêt limités et des gestes répétitifs. On pourrait dire qu’il y a autant de formes d’autisme que d’autistes. Les anomalies comportementales et fonctionnelles, les signes neurologiques, le langage et le fonctionnement cognitif, les stéréotypies, la conceptualisation, diffèrent au plus haut point d’une personne à l’autre.

Ces maladies frappent entre 15 et 30 personnes pour 10 000 (chiffre 2003 publié par Autisme Québec) et sont en voie de développement rapide dans toutes les ethnies, et les couches sociales. Elles touchent plus souvent les garçons, sauf dans le cas du syndrome de Rett qui ne touche que les filles. Les causes sont encore imparfaitement connues. Il s’agit probablement d’une combinaison de différents facteurs encore mal définis. La piste génétique est actuellement privilégiée (anomalie chromosomique), ainsi que certains facteurs environnementaux, le traumatisme psychologique totalement écarté.

2.2 Les bienfaits de la musicothérapie

Les principaux apports de la musicothérapie sont les suivants:

  • amélioration de l’humeur et de la qualité de vie : particulièrement bien observée chez les patients hospitalisés et en soin de longue durée.
  • réduction du stress et de l’anxiété : très utilisée en soins palliatifs, avant une opération chirurgicale, en gynécologie obstétrique.
  • atténuation de la douleur : la musique diminue la perception de la douleur, et améliore de la tolérance à la douleur (arthrite rhumatoïde, troubles musculosquelettiques, arthrose,
  • douleur chronique, mal de dos, maux de tête….).
  • amélioration de la qualité de vie de personnes souffrant de schizophrénie.
  • soulagement de certains symptômes liés à l’autisme.
  • amélioration du sommeil.

La musicothérapie contribue également au développement de l’enfant et à l’amélioration des soins néonatals, au soulagement des symptômes liés à la maladie d’Alzheimer, à améliorer la coordination chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, à soulager certains symptômes de la dépression, etc.

Enfin, la musicothérapie est souvent conseillée pour améliorer les problèmes comportementaux ou d’inadaptation sociale, les handicaps physiques ou mentaux, les difficultés d’apprentissage, les retards scolaires… Elle est également employée pendant la grossesse pour favoriser la relation de la mère avec l’enfant à naître et auprès des personnes âgées en difficultés.

3. Conclusion

Bien qu’il soit impossible d’établir avec certitude des généralités dans le traitement de l’autisme, l’expérience montre qu’au bout d’un à deux mois soit 4 à 9 séances l’action du musicothérapeute et sa présence sont pleinement admises par le patient. D’un individu à l’autre et en fonction du contenu des interventions, l’intérêt peut être immédiat, progressif…

En résumé, plusieurs raisons montrent le rôle principal qu’occupe la musique vu son pouvoir d’adoucir les mœurs. Elle peut être également un outil thérapeutique intéressant pour les autistes. Pour un rendement plus efficace et intensifié de la musicothérapie, il est conseillé que cette thérapie soit accompagnée par différentes autres disciplines telles que la zoothérapie, l’ergothérapie ainsi la physiatrie spécialisée pour le bon déroulement des différents stades du traitement auprès des enfants autistes.

Source : www.hamadibaklouti.wordpress.com

Le Pouvoir de la Musicothérapie pour Traiter l’Autisme

Le Pouvoir de la Musicothérapie pour Traiter l'AutismeLa musicothérapie ou thérapie musicale est une méthode de traitement relativement nouvelle pour les patients autistes, mais souvent oubliée lorsque l’on discute des différentes options. Les patients qui suivent une musicothérapie ont souvent des améliorations au niveau du tempérament et de l’apprentissage. La musique se connecte à la partie non-verbale de notre cerveau, ce qui en fait un traitement idéal pour les troubles dans lesquels le patient a des difficultés à communiquer, comme l’autisme. Faites des recherches sur cette méthode de traitement novatrice si vous cherchez une nouvelle aide pour votre enfant.

La musicothérapie est efficace parce qu’elle peut être utilisée en conjonction avec l’apprentissage des compétences sociales. La musique est très utile pour les patients, et de nombreux jeux peuvent être faits en utilisant la musique pour aider à améliorer les compétences sociales et comportementales. En encourageant un contact visuel tout en chantant ou en utilisant des instruments, la thérapie musicale peut aider les personnes autistes à briser les barrières sociales.

La musicothérapie peut aider les enfants, ainsi que les patients autistes plus âgés, à développer les compétences de la parole. La musique est un moyen de relier les fonctions verbales et non verbales dans le cerveau. Les autistes peuvent avoir diverses formes de troubles de la parole. Certains ne peuvent que fredonner, grogner, ou faire d’autres bruitages, tandis que d’autres s’exercent à des phrases absurdes, des babillements ou des cris. D’autres arrivent à mettre sur pied des phrases pour communiquer avec le monde, bien que celles-ci manquent généralement d’émotion. Les personnes autistes sont connues pour parler d’une voix monotone. Cependant, peu importe la façon dont l’individu se comporte avec la parole, il ou elle peut participer à une musicothérapie en tapant des rythmes ou en fredonnant.

Les autistes sont généralement jugés particulièrement aptes à la musique. Certains, par exemple, ont l’oreille absolue. D’autres peuvent très bien jouer d’un instrument particulier, avec peu d’instruction. Même si votre enfant ne montre aucune capacité au génie musical, vous pourrez souvent constater que la personne autiste a des capacités musicales qui dépassent ses autres capacités. Un thérapeute musical peut utiliser la musique comme un moyen de lier ce type d’apprentissage avec d’autres types d’apprentissage, non seulement comme pour le développement du langage et le développement social du comportement tel que discuté précédemment, mais aussi comme un moyen de communiquer ses émotions et de développer sa mémoire.

En utilisant toutes ces techniques en conjonction avec une autre, la musicothérapie peut faire des merveilles avec des autistes. Les professionnels qualifiés peuvent utiliser la musique pour enseigner aux enfants et à d’autres comment communiquer de façon non verbale, ce qui rend plus facile l’apprentissage pour les patients. Faites des recherches sur la possibilité d’entamer une musicothérapie à votre enfant en parallèle à un autre traitement.

Une vidéo super intéressante sur le traitement de l’autisme par le biais de la musique, elle est en anglais mais les images parlent d’elles-même :

https://youtu.be/OFLJJlOCVsw

Source : www.autismeenfance.blogspot.com

L’Emploi de la Musicothérapie Avec les Autistes

L'Emploi de la Musicothérapie Avec les AutistesLa musique est utilisée à des fins thérapeutiques depuis des siècles. En tant que discipline, la musicothérapie comme telle ne s’est cependant structurée qu’à la suite de la Deuxième Guerre Mondiale, après que l’on ait observé ses bienfaits auprès de vétérans hospitalisés.

Très tôt, différentes raisons ont mis en évidence l’intérêt de la musicothérapie pour l’intervention auprès des autistes et, vers la fin des années 50, des spécialistes se sont bientôt concentrés précisément sur cette question. Dans le traitement d’une personne autiste, il faut toutefois préciser que la musicothérapie ne devrait pas être l’unique recours; cependant, utilisée conjointement avec d’autres formes d’interventions reconnues, elle constitue une option fort intéressante qui a su faire ses preuves par le passé.

1. Introduction à la musicothérapie…
La musicothérapie est l’utilisation judicieuse de la musique comme outil thérapeutique de base pour rétablir, maintenir ou améliorer la santé mentale, physique et émotionnelle d’une personne. Des améliorations d’ordre cognitif, social, etc., peuvent ainsi être induites par des activités musicales variées et la relation de confiance qu’elles instaurent.

Bien qu’une personne comme telle puisse développer des habiletés musicales pendant la thérapie, soulignons que l’éclosion de ces compétences ne constitue pas une préoccupation première pour l’intervenant. Celui-ci se concentre davantage sur les effets de ce développement sur son client; aucun talent musical préalable n’est d’ailleurs conditionnel pour entamer une intervention.

En général, les effets de la musicothérapie peuvent rejaillir de différentes façons sur le développement personnel du participant. Améliorer ses habiletés communicationnelles, son degré d’attention et ses performances académiques et motrices peuvent être des objectifs poursuivis, tout comme la diminution de comportements inadéquats, du stress, de l’agressivité s’il y a lieu, etc. Dans la mesure où les buts à atteindre sont très variables selon les personnes, on ne s’étonnera donc guère que les activités le soient aussi.

On doit par ailleurs savoir qu’il n’existe pas de style musical plus thérapeutique qu’un autre – une fois de plus, tout dépend de la personne à l’écoute et de l’objectif poursuivi dans le cadre de l’intervention.

2. Début de la musicothérapie dans le traitement de l’autisme : l’approche Nordoff-Robbins
L’approche élaborée à la fin des années 50 par Paul Nordoff, diplômé du Philadelphia Conservatory of Music, et le Dr Clive Robbins, fait office de pionnière dans la musicothérapie, particulièrement dans celle employée auprès des autistes.

En 1958, Paul Nordoff constate la réponse musicale d’enfants handicapés et devient si convaincu des pouvoirs de la musicothérapie qu’il abandonne sa carrière d’enseignant, et trouve bientôt un collaborateur en la personne du Dr Clive Robbins. Après de premières expériences thérapeutiques menées en Europe, un projet-pilote de l’Université de Pennsylvanie les amène à travailler, en 1961, avec des enfants handicapés parmi lesquels figurent des autistes.

Compositeur, Paul Nordoff utilise le piano et l’improvisation vocale comme moyens de communication et d’échange avec les enfants autistiques. Cet usage créatif de la musique et les résultats obtenus amènent de plus en plus de gens à s’intéresser à la question, ce qui donne lieu à de la formation, des publications diverses, de la diffusion de matériel musical, etc.

Graduellement, une théorie de l’approche Nordoff-Robbins s’érige : celle-ci se base sur la croyance qu’une musicalité cachée réside dans chaque être humain, et qu’elle peut être activée au service d’une croissance et d’un développement personnels. À ces fins, on recourt à l’improvisation musicale, dans laquelle la créativité innée individuelle est utilisée pour surmonter des difficultés émotionnelles, cognitives et physiques. Dans cette forme d’effort créatif, les clients jouent un rôle actif en faisant de la musique avec leur thérapeute sur bon nombre d’instruments familiers ou adaptés. Parce que les instruments peuvent être choisis par eux et qu’ils ne nécessitent pas d’habileté particulière, aucune expérience préalable ou formation n’est requise. L’approche Nordoff-Robbins s’adresse par ailleurs à des individus de tous âges, allant de l’intervention précoce (faite à partir de 18 mois) à celle effectuée auprès d’adultes.

Il est à noter que la pertinence des interventions est étudiée grâce aux enregistrements des séances, qui permettent également de planifier les prochaines interventions si nécessaire. Cette méthode d’évaluation confère un certain aspect scientifique à la démarche Nordoff-Robbins, dont il existe maintenant plusieurs centres à travers le monde (notamment aux États-Unis, en Angleterre, en Allemagne et en Australie). En dehors de ces centres, mentionnons que les musicothérapeutes spécialisés dans l’intervention auprès des autistes utilisent souvent plusieurs modalités de cette approche réputée.

3. Des exemples d’interventions auprès des autistes
Pour planifier une intervention, les musicothérapeutes choisissent leurs activités à partir d’une myriade d’approches et d’expériences musicales possibles (improvisation, écoute de musique, performance instrumentale, apprentissages cognitifs à travers la musique, etc.) en fonction des personnes avec lesquelles ils travaillent. En ce qui a trait au matériel employé, le thérapeute peut composer lui-même de la musique ou des chansons, ou puiser à même le répertoire de musique pour enfants; ce dernier, riche en chansonnettes simples, présente régulièrement des répétitions qui facilitent les exercices pédagogiques. Quant aux instruments de musique mis à la disposition des participants, on peut retrouver, outre celui ou ceux de l’intervenant, un synthétiseur, des percussions variées, un balafon (xylophone en bois), des flûtes, un « bâton de pluie », etc.

À la base, la plupart des interventions tendent à créer un pont entre le client et le thérapeute. Selon Juliette Alvin, une des premières spécialistes de la question, dans le traitement de l’autisme la meilleure approche est d’être ouvert et de se préparer à n’importe quoi. En premier lieu, elle suggère de laisser la personne autiste explorer les instruments et se familiariser avec eux (certains les sentiront, les toucheront, etc.). Ensuite, une fois que la personne semble confortable, le thérapeute inclut alors les instruments dans l’exploration de l’entourage effectuée par l’enfant. Petit à petit, une fois que celui-ci a développé une communication non verbale par le biais des instruments, l’intervenant peut commencer à encourager une forme de communication verbale liée directement à la musique si le cas s’y prête.

À tous les niveaux, beaucoup d’activités différentes sont possibles : une personne, par exemple, pourrait apprendre à jouer du piano pour améliorer sa motricité fine. Sur un plan plus émotionnel, l’intervenant et son client pourraient aussi composer des pièces ou chansons ayant pour but l’extériorisation de sentiments; en ce cas, la musique joue alors le rôle de canalisateur par lequel la personne peut exprimer ses émotions, ses souffrances, ses angoisses…

Dans un autre ordre d’idées, la musique préférée peut être utilisée pour une large gamme d’activités de coopération, de manière à travailler les comportements sociaux. Dans un groupe, faire passer un ballon d’un enfant à un autre au son de la musique ou leur faire jouer du tambour ensemble seraient, par exemple, des moyens employés pour susciter une interaction. On peut également pratiquer la résolution de problèmes à l’aide d’une histoire parsemée de bruitage et de musique, etc.

Les problèmes de langage observés chez les autistes forment un autre champ de compétences dont la musicothérapie peut favoriser le développement ou la correction, le cas échéant. Certaines personnes autistiques chantent même si elles ne parlent pas : auprès d’elles, les musicothérapeutes peuvent alors accroître systématiquement le langage à travers des activités de chant. Plusieurs points peuvent ainsi être travaillés selon les besoins manifestés : problèmes d’écholalie, d’intonation, d’absence totale de verbalisation ou autres. Myra J. Staum, dans son article « Music thérapy and language for the autistic child », présente notamment le cas d’un enfant autiste apprenant graduellement des phrases simples à l’aide du chant. Dans un exemple d’exercice typique, une poupée était manipulée par l’intervenant pendant que la chanson disait :

Ceci est une poupée (l’enfant, qui présentait de l’écholalie, répétait en chantant : « ceci est une poupée ») La poupée saute (« La poupée saute »).

Graduellement, de nouvelles actions sont introduites (marcher, s’asseoir, dormir, etc.) et l’intervenant diminue graduellement sa propre participation. Une fois la musique éliminée complètement, dans ce cas-ci, l’enfant s’est montrée capable de construire des phrases en réponse aux questions « qu’est-ce que c’est ? » et « que fait la poupée ? »; cet apprentissage a sans doute été facilité par la présence de musique et la vue d’un objet associé. Notons par ailleurs que, même si les mots de certaines chansons ne paraissent pas toujours importants comme tels pour une utilisation quotidienne, le simple fait de les agencer représente un pas important dans l’apprentissage de certains enfants. Selon Myra J. Staum (1997), à la suite d’une intervention, si un élève oublie les mots ou les phrases acquises, il est d’autre part possible de les lui rappeler en lui faisant réentendre la chanson.

Si le thérapeute voit son temps limité en raison de groupes plus nombreux, il est bon de savoir que presque toutes les expériences de chant sont susceptibles d’être bénéfiques aux autistes lorsque les chansons sont présentées lentement, clairement, en orientant l’intérêt de l’enfant vers l’activité en cours.

La découverte de son propre corps et de l’espace qui l’entoure est un autre aspect pour lequel la musicothérapie peut être utile à l’individu autiste. Certains thérapeutes utilisent par exemple des « marches militaires » et amènent les enfants à marcher au rythme de ces dernières; une musique et une cadence différentes sont ensuite utilisées pour éviter que les sujets ne développent un modèle répétitif lorsqu’ils marchent. Plusieurs enfants autistiques sont aussi invités à danser : par le fait même, on les incite à accorder leur confiance à l’intervenant, à développer un meilleur contact visuel et une plus grande conscience des contacts physiques. De même, en dansant sur des styles de musiques différents, l’individu peut apprendre à se familiariser au changement et à la synchronisation, etc.

En somme, on voit qu’il existe des douzaines de façons par lesquelles la musique peut être employée à des fins thérapeutiques auprès des enfants autistes. Beaucoup d’aspects, de la naissance d’une collaboration au prolongement des périodes d’attention, en passant par l’acquisition du langage ou de comportements socialement acceptables, sont susceptibles de figurer parmi les objectifs atteints dans un programme de musicothérapie; pour cela, il suffit de patience, de temps et d’un intervenant qualifié. Ce dernier point fera d’ailleurs l’objet de la prochaine section.

4. Caractéristiques d’un bon musicothérapeute
Comme on peut le deviner, à toutes les étapes de l’intervention, les compétences du thérapeute sont très importantes : la thérapie est basée sur ses connaissances de l’effet de la musique sur le comportement, des forces et faiblesses du client et des buts thérapeutiques préétablis. Ces buts peuvent être suggérés par lui, après une période d’observation, ou indiqués par les parents, un professeur ou tout autre professionnel en mesure de le faire.

Outre sa patience, sa créativité et son entrain, un musicothérapeute devrait idéalement répondre aux caractéristiques suivantes :

Un musicothérapeute qualifié doit avoir suivi une formation reconnue, lui donnant à la fois des bases musicales importantes, mais aussi des connaissances approfondies sur les effets de la musique et les possibilités d’intervention.
Il doit individualiser ses interventions en fonction de chaque client, avoir un plan d’action défini, et ses stratégies d’intervention doivent correspondre à la poursuite des objectifs établis.
Le musicothérapeute doit également être en mesure de parler de ses interventions avec des professionnels ou des membres de la famille du client : les parents, par exemple, devraient pouvoir savoir quels sont les objectifs précis du programme et comment on les poursuit.
Le musicothérapeute doit par ailleurs procéder régulièrement à des évaluations des résultats de la thérapie; il doit aussi avoir l’honnêteté nécessaire pour mettre fin à la démarche quand le traitement n’est plus nécessaire ou moins pertinent qu’au départ.

5. Conclusion : la musique, un outil polyvalent pour l’intervention auprès des autistes
La musicothérapie a fait ses preuves dans plusieurs sphères : on a par le passé relevé son influence positive sur la pression sanguine, la perception de la douleur, les voies respiratoires, les humeurs, le stress, etc.

Dans le cas précis des autistes et des personnes atteintes de troubles envahissants du développement, la musique constitue certainement une option intéressante et ce, pour plusieurs raisons.

Premièrement, la musique étant une forme de communication non verbale, elle constitue un moyen privilégié pour entrer en contact avec les enfants éprouvant des difficultés à communiquer, ce qui est une caractéristique très fréquente chez les autistes. La nature non verbale et non menaçante du médium constitue également un atout. D’autre part, la musique agit comme un renforçateur naturel, qui peut amener l’élève à acquérir des compétences qui ne sont pas musicales; presque tout le monde est susceptible de répondre positivement à au moins un genre de musique. C’est donc un outil polyvalent qui peut refléter les habiletés individuelles de chacun.

Dans un autre ordre d’idées, il a été dénoté à plusieurs reprises que les individus autistes avaient souvent une sensibilité particulière à la musique. Certains ne réagissent qu’à certains sons; d’autres ont en revanche l’oreille « absolue », une propriété qu’envieraient bien des musiciens.

En résumé, plusieurs raisons font de la musique un outil thérapeutique intéressant pour les autistes. Pour conclure cette présentation, en voici quelques autres :

  • La musique captive et retient l’attention – elle stimule et utilise plusieurs régions du cerveau
  • La musique structure le temps d’une façon claire et facile à comprendre (« c’est la chanson d’au revoir, la séance est presque finie ! »)
  • Elle fournit un contexte agréable et significatif pour les répétitions nécessaires à certains apprentissages
  • Elle crée un contexte social sûr et structuré pour la communication verbale et non verbale
  • C’est un aide-mémoire efficace
  • Elle supporte et encourage le mouvement
  • Elle facilite l’interaction et favorise l’expression de soi
  • Elle s’incruste dans la mémoire et les émotions
  • Elle favorise souvent la progression, puisqu’elle rejoint des personnes de tous les niveaux d’habiletés, tous capables de participer d’une manière ou d’une autre…
Source : www.autisme.qc.ca
Cabinet de Musicothérapie Sandrine Bedu